Tours : ouverture d’un bar à chats, zen et convivial, imaginé par un père et sa fille amoureux des félins

"Le jardin des chats" est unique en Indre-et-Loire. Un bar à chats, ouvert fin juillet, au centre-ville de Tours. Un endroit où déjeuner ou prendre un thé, au milieu des matous. Des chats adoptables qui viennent de l’association "Les Oubliés du Val de Brenne".
Un des chats du bar "Jardin des Chats" de Tours en train de bailler avec une bouteille de thé glacé entre les pattes.
Un des chats du bar "Jardin des Chats" de Tours en train de bailler avec une bouteille de thé glacé entre les pattes. © Dominique Pouget

En mars 2020, une jeune tourangelle avait ouvert le premier bar à chats de Tours durant deux semaines mais le 1er confinement anti-Covid avait mis fin à l’aventure, prématurément.

Pour Perrine et Régis Courréjou, l’histoire est différente. Depuis La pandémie et les confinements ont été une période de réflexion et finalement une opportunité pour le père et la fille de créer leur propre entreprise "Le jardin des chats".

La naissance du Jardin des Chats, une aventure père-fille

C’est la crise du Covid, qui, finalement, a permis à Perrine 22 ans et à son père Régis, 53 ans d’imaginer leur vie professionnelle différemment. L’entreprise de Régis Courréjou, cadre dans la maintenance et la production aéronautique, a dû faire face à la crise et mis en place une RCC (rupture conventionnelle collective). Rentré chez lui, Perrine lui soumet une idée.

Régis et sa fille Perrine dans leur bar "Jardins des Chats" à Tours.
Régis et sa fille Perrine dans leur bar "Jardins des Chats" à Tours. © N. Vales

"On adore les chats, on adore cuisiner, on aime bien rencontrer les gens, si on combine ça, on peut ouvrir un bar à chats" explique Perrine Courréjou, cocréatrice du Jardin des Chats.

"Sur le coup, j’ai dit c’est n’importe quoi et puis j’ai réfléchi." rétorque son père.

J’ai toujours eu des chats à la maison et c’était l’occasion de travailler avec ma fille et ça me plait beaucoup.

Régis Courréjou, cocréateur du Jardin des Chats

Père et fille, se sont alors lancés dans l’aventure avec beaucoup d’enthousiasme. Dans le cadre de sa RCC, Régis a réalisé 3 formations :

De quoi partir serein avec sa fille dans cette nouvelle vie professionnelle.

C’est un nouveau challenge professionnel et familial, on travaille pour nous. Je n’aurais pas fait ça avec quelqu’un d’autre que ma fille.

Côté restauration, le bio et les producteurs locaux, sont privilégiés et Perrine, qui fait de la pâtisserie depuis toute petite, aime bien faire de la cuisine familiale dans cet endroit, qu’elle a voulu apaisant et convivial, avec beaucoup de plantes (d’où le nom de Jardin des chats).

Pour Perrine aussi, comme pour son père, la pandémie et les différents confinements dus au Covid 19 ont été source de réflexion.

Etudiante en droit depuis 3 ans à Tours, plus de cours en présentiel, l’ennui a fait surface. "Il m’a fallu ce temps pour que j’accepte que les études ne me plaisaient pas. En novembre 2020, j’ai arrêté la fac. En 2018, j’ai travaillé pendant un an à la SPA, l’année suivante, j'ai été famille d’accueil pour des chats de l’association des Oubliés du Val de Brenne, et c’est là qu’a eu lieu le déclic."

"Quand la crise a touché l’entreprise où travaillait mon père, je lui ai tout de suite parlé du projet de bar à chats. Ma mère était un peu inquiète, mais j’ai eu beaucoup de soutien. Ma meilleure amie étudiante en design m’a fait le logo du jardin des Chats et aujourd’hui tout le monde est très fier".

Depuis l’ouverture du Jardin des Chats, le 31 juillet 2021, les curieux sont nombreux, à s’arrêter devant l’immense vitrine du bar et à chercher du regard les chatons qui déambulent entre les tables ou font la sieste sur les canapés. Un coup d’œil qui incite à pousser la porte et à être patient car certains jours, en août une centaine de personnes a fréquenté le Jardin des Chats.

Comme il n’y a que 28 places, il suffit de patienter en terrasse ou d’aller faire un tour, rue nationale, à deux pas du Jardin des Chats.

"Notre priorité, c’est le bien-être des chats"

Régis est très clair, là-dessus. Si quelques rares personnes sont venues avec un panier, en pensant repartir avec un chat, ce n’est pas du tout le concept du bar à chats.

Nous ne sommes pas une animalerie, l’avantage ici c’est que les gens ont le temps de faire connaissance avec les chats et les chats de choisir leurs adoptants. On ne veut pas les contraindre. Ils se sociabilisent à leur rythme.

Les adoptions se font avec l’association Les oubliés du Val de Brenne (basée à Chançay en Indre-et-Loire). Après avoir passé un moment en famille d’accueil pour que les chats s’adaptent à une nouvelle vie, c’est Corinne Mercier (responsable de l'association des Oubliés du Val de Brenne) qui confie à Perrine et Régis, 9 matous âgés de 3 à 6 mois.

Une cliente avec un chat !
Une cliente avec un chat ! © D. Pouget

Ils ont leurs quartiers  avec chambres, nourriture, litières et salle de jeux dans un endroit bien séparé et viennent, quand ils veulent se mêler à la clientèle du bar... Ce jour- là, Eclair, panda, Curry, Charly et Salto sont venus se mêler à la clientèle du bar. Pause gourmande pour les clients, pause calins pour les chats !

Une astuce pour profiter des jeux des chatons, venir plutôt le matin, il y a moins de monde et les chats s’amusent à grimper sur leur parcours en bois. L’après-midi, c’est l’heure de la sieste et ce sont les chats qui décident de se lover, ou pas, sur les genoux des clients ou des clientes. Car la fréquentation du bar est très féminine. Beaucoup de femmes, entre amies ou en solo mais aussi des familles avec des enfants et des ados.

Alors, le concept du Jardin des Chats, adopté ou pas ?

Les réponses sont unanimes. 

C’est la première fois qu’Anastasia et Solène poussent la porte du bar à chats. "On est toutes les deux amoureuses des chats, nous avons  été très bien accueillies, on a bien mangé et je trouve que le concept est bien".

"On a du temps pour voir le comportement du chat, c’est plus facile pour l’adoption, c’est très bien et c’est possible qu’un jour on ne reparte pas les mains vides".

Flavie et Charline viennent pour la seconde fois. L’ordinateur, pour le travail, abandonné à côté d’elle, Flavie a le sourire et Salto sur les genoux. "C’est cool, c’est jamais les mêmes chats. Lui (Salto) il est trop calin, le noir est un petit diable".

Margaux et ses amies, sont passées par hasard. "C’est un super concept, c’est cocooning, convivial. Les chats n’ont pas l’air stressé, on peut passer un moment avec eux. On va revenir !"

Une passante jouant avec un chat à la fenêtre du Jardin des Chats à Tours.
Une passante jouant avec un chat à la fenêtre du Jardin des Chats à Tours. © Dominique Pouget

14 adoptions !

Depuis son ouverture, il y a un mois, 14 adoptions ont eu lieu. C’est Corinne Mercier qui vient rencontrer les adoptants sur place, au bar à chats, à Tours, pour leur faire signer un contrat d’adoption car c’est un engagement qui ne se prend pas à la légère. Corinne a en ce moment une soixantaine de chats errants dans son refuge.

"Je connaissais Perrine qui était famille d’accueil depuis le début de l’association mais je ne croyais pas que le bar à chats aurait un tel succès pour les adoptions, c’est incroyable. Mais il ne faut pas que ça aille trop vite. Dernièrement, j’ai rencontré une jeune étudiante qui voulait adopter un chaton, elle n’avait pas l’air très sûre d’elle et ses parents n’étaient pas d’accord sur cette adoption donc je lui ai fait comprendre qu’elle n’était pas encore prête pour adopter."

Corinne Mercier, Les Oubliés du Val de Brenne

Pour Perrine, malgré l’engagement et la fatigue de cette nouvelle activité, bien loin de sa vie d’étudiante, ce n’est que du positif.

C’est se lever super tôt chaque matin avec l’envie de le faire et de recommencer. Je n’aurais pas pu le faire sans mon père.

Son père qui n’a pas su résister à Biscuit, un chat roux qu’il a lui aussi adopté au bar.

Le jardin des Chats est ouvert du mardi au dimanche, 18 rue Gambetta à Tours.

 

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