Un nouveau cas de grippe aviaire dans un élevage de poules chez un particulier en Indre-et-Loire provoque la détresse des éleveurs

Publié le Mis à jour le
Écrit par Mélanie Trachsler

Mardi 29 mars, un nouveau foyer de H5N1 était déclaré dans une basse-cour de Chédigny en Touraine. Une trentaine de volailles et d'oiseaux a été abattue. Une zone de surveillance est mise en place dans un rayon de 10 km autour afin de protéger les autres élevages.

Alors que la France connaît en ce moment une grave crise d’influenza aviaire, un foyer de virus H5N1 vient de se déclarer en Indre-et-Loire. Le quatrième depuis février. 

La préfecture a annoncé que les prélèvements effectués dans cette basse-cour privée de Chédigny indiquaient que la maladie était hautement transmissible.

"Les foyers ont été contaminés par des contacts avec la faune sauvage. Il faut appliquer les mesures obligatoires depuis début novembre" indique Mathilde Palissiere, cheffe de service à la Direction Départementale de la protection des Populations (DDPP) ,"La seule solution est de confiner les volailles et de protéger les sources d'alimentation. Les mesures de bio-sécurité, désinfection et dépeuplement sont appliquées mais il n'y a jamais risque zéro."

La détresse des éleveurs professionnels 

La volaille peine à s'adapter aux mesures de protection. Anthony Beunet, éleveur de volailles à Truyes, regrette que ces épisodes d‘influenza agraire se répètent : "Mes poules n’ont pas supporté ces pratiques de claustration, elles ont fait une dépression, elles ont mué, et j’ai eu des cas de mortalité et donc des difficultés à assurer mes commandes", explique-t-il. 

Les quatre cas en Indre-et-Loire, ce sont dans des basses-cours, chez des particuliers.  "Le souci, c’est qu’ils ne jouent pas le jeu", déplore Anthony.

Manque de citoyenneté de la part des particuliers qui possèdent des poules

En 2016, il y a eu une forte épidémie et des mesures avaient été données aux gens. Mais cette année, les mairies ont peu communiqué vis-à-vis des particuliers. Pour Anthony, il y a un relâchement qui a des incidences graves chez les professionnels.

Nous, si on a un cas de déclaré, derrière, c’est six mois de perte de chiffre d’affaires et les assurances n’existent pas encore. Il faut qu’il y ait une responsabilité citoyenne !

Anthony Beunet, éleveur en Touraine

Si la contamination est avérée, l’éleveur peut se retourner vers le particulier, qui encoure alors des peines au pénal. Les amendes sont sévères. Selon la loi, lorsqu’on a des poules, il faut les déclarer en mairie. Dans les faits, personne ne l'applique. Aujourd'hui, depuis le début de l'année près de 200 volailles ont été abattues en Indre-et-Loire à cause des risques de contamination. Afin d’éradiquer cette propagation, les professionnels appliquent les mesures de confinements .

"Le nombre d’élevages touchés est exponentiel, mais ce qui sauve la région, c’est la faible quantité d’élevages intensifs" souligne Mathilde Palisssiere.

En tous cas, face aux millions d’abattages, les éleveurs, notamment de plein air, s’inquiètent pour leur avenir, tandis que l’idée de dédensifier les élevages fait son chemin.

Autour de chaque foyer, tous les élevages, dans un rayon de dix kilomètres sont « dépeuplés ». Des visites et des prélèvements de contrôles sont effectués par des vétérinaires. Le ministère de l’agriculture espère ainsi assainir la zone d’ici mi-mai. Le 28 mars 2022, la France compte 1057 foyers de touchés .

Certains éleveurs se demandent si la solution ne serait pas de développer plus de vaccins, afin de préserver l’élevage en plein air.

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