Droit des femmes : où en est l'égalité salariale en 2021 en région Centre-Val de Loire ?

Bien qu’en légère baisse, les inégalités en matière d’emploi restent présentes entre femmes et hommes, aussi bien en Centre-Val de Loire que sur l’ensemble du territoire. Le déséquilibre sur certains secteurs d'activité contribue fortement à l'écart de salaire, mais pas seulement.

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L’égalité femme-homme a encore un long chemin à parcourir. Le monde du travail, facteur social déterminant, est une des étapes les plus importantes sur ce chemin. Publiés en juillet 2020, deux rapports de l’Insee abordent la question en Centre-Val de Loire : Le chemin à parcourir vers l’égalité entre les femmes et les hommes et Secteurs féminisés : la parité s’éloigne encore. L'occasion, avec la journée internationale des droits des femmes, de dresser un constat des inégalités en matière d’emploi qui – malgré quelques progrès – continuent de sévir dans la région comme dans le reste de la France.

Une femme gagne 27 % de moins qu'un homme au cours de sa carrière

Depuis les années 1970, plusieurs lois ont essayé de rétablir l’égalité entre les femmes et les hommes au travail, sans pour autant avoir fait disparaître aujourd’hui les inégalités. La première d’entre elles est encore la rémunération. En France, pour un poste et des compétences équivalentes, les femmes gagnent en moyenne 9 % de moins que les hommes. Cette différence de revenu monte même à 27 % sur l’ensemble de la carrière tous postes confondus. 

Malgré les lois pour l'égalité, l'écart de salaire entre les femmes et les hommes continue. Ici, en 2016, le collectif Les Glorieuses organisait un rassemblement sur la place de la République, à Paris, pour lutter contre les inégalités salariales entre femmes et hommes.
Malgré les lois pour l'égalité, l'écart de salaire entre les femmes et les hommes continue. Ici, en 2016, le collectif Les Glorieuses organisait un rassemblement sur la place de la République, à Paris, pour lutter contre les inégalités salariales entre femmes et hommes. © IP3 PRESS/MAXPPP

Au niveau de la Région Centre-Val de Loire, l’écart est d’autant plus significatif pour les cadres, dont le salaire annuel moyen est 20,59 % moins important pour une femme que pour un homme. Une inégalité qui, en dépit des politiques publiques persiste. Elle s’explique en partie par la proportion d’emploi à temps partiel pour les femmes. En Centre-Val de Loire, d’après les données de l’Insee datant de 2016, le temps partiel représente 24,8 % des femmes actives contre seulement 6,6 % des hommes actifs. Près de 8 salariés à temps partiel sur 10 sont des femmes. Un statut différent, pas toujours par choix, qui entraîne une rémunération moins conséquente. 

Les femmes restent cantonnées à certains secteurs

Comme le précise l’Insee dans son rapport : "Le secteur d’activité est le facteur qui contribue le plus à l’écart de salaire entre les femmes et les hommes." Il explique même 37,2 % de l’inégalité salariale. D’où l’importance d’un équilibre dans les différents secteurs d’activité. Mais, là encore, si entre 2006 et 2016 on constate des progrès, ces derniers restent très lents. Au sein des 87 "familles professionnelles" que distingue l’Insee, 8 possèdent une part de femmes et d’hommes équilibrée tandis que 51 sont encore peu voire très peu féminisées. Au contraire, 28 de ces "familles professionnelles" sont très féminisées. Parmi ces dernières, on retrouve notamment le secteur du social, celui de la santé ou encore de l’enseignement. Par exemple, en 2016, l’activité sociale employait 83 000 femmes en Centre-Val de Loire, soit 84 % du secteur. 

Le secteur Banque-Assurance se féminise de plus en plus (67 % de femmes en 2016) et une parité progressive apparaît pour les postes de cadres. Dans son rapport, l’Insee nuance : "Bien que la mobilité professionnelle des femmes dans ce secteur soit beaucoup plus prononcée que dans d’autres, celle des hommes reste plus fréquente notamment vers des postes à plus grande responsabilité."

L'espoir d'un changement avec les jeunes générations ?

L’Insee souligne tout de même des avancées avec une féminisation qui avance avec les jeunes générations. Ainsi, dans la santé, moins de 30 % des médecins de plus de 55 ans sont des femmes quand elles représentent plus de 60 % des médecins de moins de 35 ans. Les inégalités tendraient à diminuer avec l’arrivée de nouvelles générations mais compter sur ce seul paramètre ne peut être une option crédible. En 2018, dans un article de France Culture, Sophie Binet, dirigeante confédérale de la CGT chargée de l’égalité femmes/hommes rappelait : "Le problème, c'est qu'il y a huit lois sur l'égalité professionnelle, mais ces lois ne sont pas effectives, car il n'y a pas de sanctions qui vont avec. Aujourd'hui en France, il y a 60 % des entreprises qui ne respectent pas la loi, c'est-à-dire qu'elles n'ont pas d'accord en matière d'égalité professionnelle, ou pas de plan d'action unilatérale. Pour autant, il y a seulement 0,2 % des entreprises qui ont été sanctionnées par l'inspection du travail." Le chemin reste long.

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