Blois : du jour au lendemain, 11 résidents d'une maison de seniors se retrouvent à la rue, les employés licenciés

La résidence pour Seniors « L’Amiral de Coligny » a fermé ses portes définitivement suite à la liquidation judiciaire prononcée le 11 mai 2021 par le tribunal de commerce de Lyon, une malheureuse surprise pour les 11 personnees âgées qui habitaient les lieux, et les salariés de la résidence
 

A la stupéfaction générale, les résidents de la résidence pour Seniors « L’Amiral de Coligny » situé à Blois (Loir-et-Cher) ont appris qu'ils devaient quitter les lieux, les salariés ont été licenciés du jour au lendemain.
A la stupéfaction générale, les résidents de la résidence pour Seniors « L’Amiral de Coligny » situé à Blois (Loir-et-Cher) ont appris qu'ils devaient quitter les lieux, les salariés ont été licenciés du jour au lendemain. © S. Hasnaoui

Le hall de la résidence est lumineux, il y a des grands tirages photos en noir et blanc sur les murs, montrant des personnes âgées souriantes en compagnie de jeunes adultes. C'est là que Fanny Kappes, l’assistante de vie à domicile auprès des résidents, nous accueille. La résidence « L’Amiral de Coligny » est un lieu intergénérationnel, toutefois il ne reste que peu de jeunes. Depuis quelques jours, c'est la stupéfaction sur place. 

Contraint de quitter les lieux suite à une liquidation judiciaire "surprise"

La société VITAE gestionnaire du site a licencié les 4 salariés dont la directrice par courrier recommandé le 11 mai. L’ensemble des résidents eux, ne savent pas s’ils peuvent continuer de vivre dans leur logement.
« Nous n’avons jamais reçu de lettre, aucun de nous, on ne sait pas quoi faire, on se retrouve par la force des choses contraint de quitter les lieux. On nous a tout supprimé, dès vendredi soir, on devra se débrouiller seul pour nos repas, » raconte Monsieur Thoreau. Avec son épouse André, ils sont arrivés ici en 2017. Ils espéraient terminer paisiblement leurs vieux jours. Âgés de 94 et 93 ans, ils se sentent obligés de quitter leur appartement chaleureux.

La distribution de repas, le ménage dans les lieux communs, les activités de loisirs pour les résidents doivent cesser du jour au lendemain. Les salariés licenciés sont pris de cours, depuis ces dernières 48 heures, ils cherchent des solutions. Fanny Kappes, assistante de vie et Stéphane Darby intendant, sont désabusés mais ne peuvent pas abandonner les habitants de la résidence : « On reste par dévouement ».

Depuis ce matin, je reçois des coups de fils des enfants de résidents et je n’ai rien à leur dire. C’est une situation urgente et difficile, je suis très en colère. Mes collègues et moi venons encore dans la résidence pour ne pas abandonner les personnes.

déplore Fanny Kappes, assistante de vie

« On ne partira pas tant que les résidents ne sont pas placés. » nous explique Fanny Kappe.

Le couple Thoreau et Fanny Kappes, assistante de vie de la résidence L'Amiral de Coligny de Blois.
Le couple Thoreau et Fanny Kappes, assistante de vie de la résidence L'Amiral de Coligny de Blois. © S. Hasnaoui - F3CVDL

11 résidents à reloger dans l’urgence

La résidence Domitys va accueillir 5 résidents, l’Ehpad l’Écureuil prendra en charge deux résidents, une résidente ira vivre chez sa fille le temps de trouver une solution. La situation la plus critique est celle d’une résidente sans famille qui n’a pas encore trouvé de place.

Mandaté par le tribunal de commerce suite à la liquidation judiciaire de Blois, le cabinet d’étude de Marie Dubois situé à Lyon a refusé de nous répondre.
« Je suis tenue au secret au professionnel, je ne souhaite pas être désagréable, je ne réponds pas aux journalistes c’est un principe, et vous souhaite une bonne journée », s'est-on laissé entendre dire. 

Le CIAS le Blaisois ainsi que le Conseil départemental du Loir et Cher ont d’ores et déjà annoncé aux familles qu’ils assureront la livraison des repas en attendant de pouvoir joindre le cabinet en charge de la liquidation situé à Lyon.

 

 

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