Romorantin-Lanthenay : le travail des enfants est à voir au Musée de Sologne

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Le Musée de Sologne de Romorantin met en lumière le travail des enfants à travers une exposition temporaire dans laquelle on découvre comment il a évolué en France du 19ème siècle aux années 1950.

L’exposition nous apprend qu'au 19ème siècle les disparités sont assez importantes entre les classes sociales.

Les enfants issus des classes aisées reçoivent une éducation jusqu’à 16 ans alors que les enfants vivant dans les milieux populaires n’ont pas cette chance et doivent travailler pour apporter un revenu supplémentaire au foyer.  

C'est ainsi qu'ils vont travailler à la ferme, dans les commerces mais surtout dans les industries car la révolution industrielle a besoin d’une force de travail très importante et l’enfant est considéré comme tel.

De l'industrie textile aux matériaux de constructions

En Sologne, à Romorantin, des manufactures drapières, de la confection, de la chaussure et de la métallurgie font travailler des enfants.

L’entreprise textile de drap de laine « Normant Frères » développe, dès 1816, 4 sites de productions et en 1871, sur le site de Romorantin, 360 enfants sont employés.

Les enfants travaillent en équipe avec des adultes, les garçons sont laineurs, presseurs ou ils font de l’entretien (peintures, menuiseries…) et les filles sont épinceteuses, noueuses, pelotonneuses.

La chemiserie de Hayem forme des garçons à la coupe et les filles vont faire le repassage puis l’emballage debout 10 heures par jour avec des fers à repasser qui pèsent 8 kg.

A la fin du 19ème siècle les modes de constructions vont évoluer et la brique devient un matériau indispensable pour bâtir maisons et fermes.

350 briqueteries-tuileries sont créées en Sologne du côté de Lamotte-Beuvron. Le mode de production est artisanal et les enfants de 6 à 16 ans sont employés comme porteurs c’est-à-dire qu’ils transportent les produits de l’ouvrier chargé du moulage des tuiles jusqu’au séchage.

Une législation qui évolue

Dès 1840, des rapports et statistiques mettent en lumière une dure réalité et les pouvoirs publics vont légiférer sur l’apprentissage. Les patrons seront tenus de limiter le travail à 10 heures par jour en dessous de 14 ans et le travail de nuit sera interdit pour les moins de 16 ans.

En 1881, les lois de Jules Ferry instaurent l’école gratuite et obligatoire. Il faudra tout de même attendre 1958 pour qu’un décret interdise de faire travailler les enfants de moins de 18 ans et de donner des travaux dangereux aux femmes.

Aujourd’hui dans le monde, le travail des enfants est encore une réalité, l’UNICEF estime que 160 millions d’enfants dans le monde sont impliqués dans le travail.

L'exposition a été réalisée en collaboration avec la SAHAS, le GRAHS et des collectionneurs privés.

Elle est visible au Musée de Sologne jusqu'au 29 mars. L'entrée est gratuite.