Vente de la Matra MS 670 : 5 millions d'euros pour éponger les dettes de Lagardère

La mythique voiture de course est partie aux enchères pour quelque 5 millions d'euros. Lagardère, de son propre aveu, compte s'en servir pour solder le litige social avec les anciens des usines de Romorantin.

La Matra MS 670, lors de la Parisienne 2021, où elle a été vendue aux enchères.
La Matra MS 670, lors de la Parisienne 2021, où elle a été vendue aux enchères. © MAXPPP

Cette fois, c'est fini. La prestigieuse Matra MS 670, victorieuse des 24h du Mans en 1972, joyaux des usines et du musée de Romorantin, a changé de main. Estimée entre 3 et 7 millions d'euros, le bolide de course s'est envolé aux enchères pour la somme de 5 millions d'euros.

"Au bout d'une dizaine de minutes de surenchères, deux acheteurs au téléphone se sont retrouvés au coude-à-coude dans la dernière ligne droite. Le commissaire priseur Hervé Poulain a relancé une dernière fois avec insistance l'une de ses collègues pour savoir si celui qu'elle représentait souhaitait surenchérir  : "c'est le sentiment patriotique qui me fait insister". A l'écouter, on comprend que cet acheteur qui hésite est français et que l'autre ne l'est pas" racontent nos confrères de France 3 Pays de la Loire.

C'est donc un changement de propriétaire mais aussi de drapeau pour la Matra, devenue pourtant un mythe du sport automobile français. Un double coup dur, pour les anciens des usines automobiles de Romorantin, licenciés dans la douleur en 2003.

Lagardère, contraint à la vente ?

L'année dernière, le groupe Lagardère avait finalement été condamné pour licenciement abusif à une indemnisation de ses ex-salariés, à hauteur de 4.2 millions d'euros. En septembre 2020, Lagardère annonçait la vente aux enchères de la mythique Matra pour solder les comptes, affirmant par la voix de son co-gérant : "Toute la richesse de nos souvenirs de la saga Matra dans le sport automobile ne peut compenser" cette obligation de paiement.

Un argumentaire vite ébranlé par la circulation de documents internes : Lagardère avait déjà, en 2014, mis de côté plusieurs millions d'euros dans le but de régler ce litige social. "Il y a tout de même une certaine dose de cynisme et de mépris" glissait un ancien des usines de Romorantin lors de l'annonce de la mise en vente.

 

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