Les soeurs Gorin ou l'agriculture au féminin dans le Loir-et-Cher

© F3 CVDL
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Aurore et Delphine Gorin exercent un métier d'ordinaire dévolu aux hommes : éleveurs bovins à Orçay dans le Loir-et-Cher. Les deux femmes ont dû composer avec les à priori sexistes, combattre les stéréotypes et la rigidité des mentalités paysannes. 

Par Théophile Mbaka

"Le banquier n'avait jamais vu celà !"

Quand ma soeur et moi sommes aller voir le Directeur de la Banque pour lui parler de notre métier, il a falli tomber de sa chaise. Il n'avait jamais vu celà. Il n' y croyait pas. Deux filles qui voulait s'installer. Impensable.

20 ans ont passé mais Aurore s'en souvient comme si c'était hier. Malgré cette première déconvenue et cette douche froide, les soeurs Gorin sont pugnaces. Elles ne renoncent jamais. Leur détermination finit par convaincre le banquier. Il décide de les accompagner dans leur projet et même de les soutenir pour tordre le cou aux préjugés. Un pied de nez aux sceptiques. Banco! Chiche! L'aventure peut commencer.

" Dans le milieu des paysans, ils sont tous machos "


Les soeurs Gorin ont dû essuyer les quolibets et les sarcasmes, l'antipathie forte de leurs collègues masculins. L'agriculture c'est un métier d'hommes pour les hommes. Imaginez deux jeunes femmes âgées d'une vingtaine d'années tout au plus, elles prétendent faire de l'agriculture et qui plus est, l'élevage bovins. " Allez donc jouer ailleurs " ont-elles entendu plus d'une fois sur leurs pas. Un ostracisme qui ne parvient pas refroidir leur détermination. Tout au contraire.
"Dans le milieu des paysans nous confie Aurore, ils sont tous machos. Pas d'exception". Alors il leur a fallu retrousser les manches.

Se battre, bec et ongles


Au départ, Aurore et Delphine ont dû reprendre au pied levé le GAEC ( Groupement d'Exploitation en Commun ) de leur père. Il faisait de la charolaise. Elles feront de la limousine pour la douceur de cette race bovine. Les débuts sont laborieux, difficiles, incertains. Pendant plusieurs années, les deux soeurs travaillent sans pouvoir se faire un salaire. Une épreuve qui fortifie leur hargne.

Pas à pas, elles vont apprendre leur métier et choisir de se diversifier. Nous avons quatre métiers, nous confie encore Aurore : " Eeveurs, naisseurs, engraisseurs et Découpeurs-Vente ".
Les deux soeurs maitrisent désormais toute la filièrebovine. C'était le prix à payer pour vaincre l'adversité et pouvoir vivre décemment de leur métier.
" C'était vraiment une nécessité pour essayer de valoriser nos veaux sous la mère et gagner un peu plus ".

Il y a 5 ans, les soeurs Gorin ont rejoint un Groupe de producteurs pour ouvrir un magasin. Objectif, développer la vente directe et le circuit court, se passer des intermédiaires.
Aurore et Delphine Gorin ont ouvert la voie et espèrent faire des émules. Les soeurs Gorin ont prouvé que l'agriculture au féminin n' était pas une lubie mais une voie d'avenir qui gagne à être connu . C'est l'objet du Dossier " l'Agriculture au féminin " qui leur est consacré par France 3 Centre Val-de-Loire.



Portrait de deux agricultrices loir et chérienne

 

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