Le court-métrage d'animation de Gabriel Harel, réalisé à Vendôme, remporte un César

Agathe, l’héroïne de "La nuit des sacs plastiques", évolue dans un décor stylisé en noir et blanc. / © Gabriel Harel
Agathe, l’héroïne de "La nuit des sacs plastiques", évolue dans un décor stylisé en noir et blanc. / © Gabriel Harel

"La nuit des sacs plastiques", le dernier court-métrage d'animation de Gabriel Harel, a remporté un César lors de la 45e cérémonie, ce vendredi 28 février. Tourné en prise de vue réelle à Marseille, le film a été redessiné à Vendôme, aux studios Ciclic.

Par Boris Granger

Marseille, les Calanques : Agathe, 39 ans, s'avance en talons vers un bunker d'où s'échappe de la techno. Elle entre et se dirige vers le DJ, Marc-Antoine, qu'elle tente de reconquérir après une séparation de plusieurs mois. Mais pendant ce temps, à l'extérieur, les sacs plastiques s'animent et attaquent la ville.
 

Ambiance haletante en noir et blanc

C'est, en quelques mots, le pitch de base de "La nuit des sacs plastiques". Si le film de Gabriel Harel a remporté samedi dernier le César du meilleur court-métrage d'animation, c'est parce que du haut de ses 18 minutes, il parvient avec brio à tenir le spectateur en haleine dans une ambiance digne d'un thriller.

Une ambiance angoissante qui s'appuie sur une animation en noir et blanc et une musique crescendo qui ne laisse quasiment jamais de répit au spectateur. Mais la patte Harel tient surtout au fait que le réalisateur tourne en prise de vue réelle avant de redessiner le tout, séquence par séquence.
 

Deuxième fois à Vendôme

Après un tournage in situ à Marseille avec de vrais comédiens (Anne Steffens et Damien Bonnard), il est entré aux studios vendômois Ciclic avec son équipe pour quatre mois. Des studios qu'il connaissait bien pour être déjà venu en 2015 y réaliser "Yùl et le serpent". Pour le plus grand plaisir de Jocelyn Termeau, responsable de la communication des studios.

On est toujours très fiers d'offrir de l'espace et du matériel à des artistes qui innovent, explique-t-il. Chez nous, il y a des gens qui font de l'animation en peinture, en 3D ou même dans du sable. Et c'est cette particularité qu'on a reconnu chez Gabriel.

À Ciclic, les artistes sont soutenus financièrement et matériellement. Mais la structure propose aussi des logements aux cinéastes, afin de les immerger dans un espace de travail qui constitue l'ADN des studios.
 

Un effet colonie de vacances

Un espace de travail partagé où les créateurs de toutes origines se rencontrent et échangent des idées, des conseils. "Ce sont des moments assez particuliers, explique le responsable communication. Les réalisateurs sont dans un lieu conçu pour eux : ça donne un peu un effet colonie de vacances."

La nuit des sacs plastiques est le deuxième film d'animation réalisé à Vendôme qui décroche un César, après "Pépé le morse" de Lucrèce Andreae en 2018. Une année particulièrement riche puisqu'un autre court-métrage, "Negative Space" de Max Porter et Ru Kuwahata, avait été nommé aux Oscars.
 

Ce nouveau sésame vient renforcer la motivation des studios vendômois à promouvoir une création artistique innovante, qui ne tirent toutefois pas la couverture de leur côté. "Ça confirme que nous avons fait les bons choix et que la région a raison de nous soutenir, explique Jocelyn Termeau. Mais c'est surtout pour Gabriel que nous sommes heureux."

Le film est visionnable librement sur internet, et il vaut le coup d'œil :
 
La Nuit des Sacs Plastiques - Nommé comme Meilleur court métrage d’animation aux César 2020
 

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