Décès à l'Ehpad de la Chapelle-Saint-Mesmin (Loiret) : le fils d'une des victimes saisit la justice

Mi-janvier, 6 personnes décédaient à l'Ehpad les Ombrages de la Chapelle-Saint-Mesmin (45). Toutes présentaient des symptômes grippaux mais une seule a été reconnue comme formellement décédée de la grippe : la mère de Benoît Desroches. 3 mois après, il saisit le tribunal administratif d'Orléans. 

La réouverture du centre de rééducation le Coteau et de l'Ehpad Les Ombrages est envisagée jeudi 31 janvier.
La réouverture du centre de rééducation le Coteau et de l'Ehpad Les Ombrages est envisagée jeudi 31 janvier. © Julien Bernier / France 3 Centre-Val de Loire

Le dossier médical de l'Ehpad précise que dès début janvier, ma mère était déjà dans un état inquiétant. Elle n'a été hospitalisée que deux semaines plus tard. 

Benoît Desroches pensait déjà à un recours en justice début février peu de temps après le décès de sa mère Michèle Desroches. Son avocat, Gilles Régnier doit déposer une requête devant le tribunal administratif d'Orléans vendredi pour défaut de prise en charge. Il réclame 100 000 euros d'indemnisation

Michèle Desroches, 85 ans, est la seule des personnes décédées à l'Ehpad Les Ombrages de La Chapelle Saint-Mesmin chez qui le virus H1-N1 a été formellement identifiée. " Ma mère n'a pas voulu se faire vacciner cette année. Mais les 5 autres personnes décédées étaient vaccinées. Elles sont mortes quand même."

Témoignage de Benoît Desroches recueilli par Bérénice Dufaye le 29 janvier 2019 : 
durée de la vidéo: 02 min 10
Décès à l'Ehpad de la Chapelle-Saint-Mesmin (45) : le fils d'une des victimes saisit le tribunal administratif d'Orléans

2 mois et demi pour monter le dossier

Il a fallu plus de deux mois et demi à Benoît Desroches et à son avocat pour monter le dossier. " Même si ça a pris du temps, l'Ehpad et l'hôpital d'Orléans ont été transparents pour nous transmettre les dossiers médicaux. On y constate que dès le 9 janvier, Mme Desroches présente une pathologie. Elle n'est transférée à l'hôpital d'Orléans que le 24 janvier soit deux semaines plus tard. Elle décède le 26 janvier,explique maître Gilles Régnier, avocat de Benoît Desroches. 
Et d'ajouter : "Si un médecin l'avait vue plus tôt, elle aurait certainement gagné quelques années de vie". 

 

100 000 euros d'indemnisation demandés

"J'attends de cette requête que la directrice de l'établissement soit sanctionnée. J'habite la Bretagne. J'appelais ma mère tous les jours. J'entendais bien qu'elle toussait. Mais elle me disait que ça allait. Elle devait juste rester dans sa chambre pour les repas. Les soignants lui ont dit que c'était pour son bien. En fait c'était pour qu'elle ne contamine pas les autres résidents, " raconte Benoît Desroches. 

Benoît Desroches et son avocat vont déposer un recours pour faute de service de l'Ehpad et demande 100 000 euros d'indemnisation. 

 
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