Montargis: Frank Supplisson visé par une enquête pour harcèlement moral et menaces de mort

Frank Supplisson est le dirigeant, entre autres, de la société Ascometal. / © AFP
Frank Supplisson est le dirigeant, entre autres, de la société Ascometal. / © AFP

Déjà inquiété dans le cadre de deux enquêtes préliminaires pour prise illégale d’intérêt, le président de la communauté d’agglomération montargoise est maintenant visé par une plainte pour harcèlement moral et menaces de mort. Une enquête préliminaire a été ouverte.

Par Amélie Rigodanzo

L’information était révélée ce matin par nos confrères de France Bleu Orléans et nous a été confirmée par le procureur de la République de Montargis. Une nouvelle enquête préliminaire visant le président de la communauté d’agglomération de Montargis a été ouverte, suite au dépôt d’une plainte pour harcèlement moral et menaces de mort.
 

"Devoir de réserve" contre "harcèlement moral"


Déposée le 2 août dernier, la plainte émane d’une salariée du musée Girodet en charge du mécénat*. Embauchée par Frank Supplisson en novembre 2018, elle a confié à France Bleu avoir découvert des irrégularités alors qu’elle travaillait sur un partenariat financier avec une banque. C’est ce qui, selon elle, aurait déclenché l’hostilité du président de l’agglomération.

Joint par téléphone, Frank Supplisson conteste formellement : "S’il y avait un mail, un lieu, une parole que j’avais prononcée... Mais il n’y a rien", s’exclame-t-il. "Il y a trois niveaux hiérarchiques entre nous, je ne suis pas du tout amené à travailler avec elle."

Selon Frank Supplisson, la plaignante aurait fait l’objet d’un avertissement administratif après avoir "insulté un peu tout le monde sur internet ". Le président de l’agglomération fait référence à des échanges assez musclés en juin dernier sur Facebook, dans lesquels la salariée lui reproche l’hommage de la ville de Montargis au dirigeant chinois Deng Xiao Ping.

Après que l’administration lui ait rappelé son "devoir de réserve",  elle a fait l’objet d’une procédure pour faute et écopé d’un avertissement. "En réponse, elle porte plainte pour harcèlement" déplore Frank Supplisson. "C’est une accusation extrêmement grave, les gens qui font cela ne se rendent pas compte."
 

3 enquêtes en moins d’un mois


Frank Supplisson est déjà visé par deux enquêtes préliminaires pour prise illégale d’intérêts. Le premier dossier date du mois d’août pour l’affaire dite du "Bon Gîte", du nom de sa société immobilière, avec laquelle il aurait signé des contrats de location en tant que président de l’agglomération.

La seconde investigation porte sur les conditions de rénovation de la terrasse du restaurant "Du pain sur la planche", établissement dont Frank Supplisson était propriétaire pendant qu’il exerçait un mandat d’adjoint au maire de Montargis et de vice-président de l’agglomération.
 

L’élu a démissionné de son poste de premier adjoint dans la foulée. Il a aussi décidé de se retirer de la vie politique en 2020 mais affirme avoir fait ce choix bien avant la révélation de ces "affaires" :

"Si j’avais quoi que ce soit à me reprocher, je serais gêné, mais ce n’est pas le cas. Ce n’est pas une accusation de harcèlement sans queue ni tête qui va me conduire à faire un choix professionnel."
 

Frank Supplisson tient en grande partie pour responsable l’opposition communiste montargoise, et en particulier le conseiller municipal PCF Bruno Nottin, qui est également greffier au tribunal de Montargis. "Qu’un membre d’un tribunal se permette de porter des accusations pénales aussi graves en public, devant les élus devant la presse, et de faire référence a des enquêtes en cours dans le tribunal dans lequel il travaille, alors que moi je ne suis informé de rien me parait un problème important."

Frank Supplisson compte, par ailleurs, en saisir le procureur.

* Nous avons contacté la plaignante sans retour de sa part.
 

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