Le président de l'agglomération de Montargis Frank Supplisson soupçonné de prise illégale d'intérêts

Frank Supplisson est soupçonné de prise illégale d'intérêts. / © Joanne Girardo - France 3 Centre-Val de Loire
Frank Supplisson est soupçonné de prise illégale d'intérêts. / © Joanne Girardo - France 3 Centre-Val de Loire

Le président de l'agglomération montargoise et rives du Loing, Frank Supplisson, est soupçonné de prise illégale d'intérêts. Une enquête préliminaire a été ouverte par le Parquet de Montargis.

Par Victor Lengronne

Sur le t-shirt blanc du blogueur Gilles Ducoudré, un mot, accompagné d'un hashtag : "Supplissonade", en référence à Frank Supplisson, président de l’Agglomération montargoise et rives du Loing. Ce dernier se retrouve au coeur d'une polémique : il a loué, pour deux médecins, des appartements qui appartiennent à une entreprise dont il est actionnaire. Une enquête préliminaire a été ouverte contre X pour prise illégale d'intérêts.

La polémique est née des recherches de Gilles Ducoudré, blogueur et libraire à Montargis. Il constate sur certains procès verbaux du conseil d'agglomération le nom d'une société "Le Bon Gîte", dont Frank Supplisson détient 20 % des parts. "Il y a une confusion des genres, avoue Gilles Ducoudré, qui dit n'avoir aucune animosité contre le président de l'agglomération. Un élu se trouve associé-gérant d'une société qui loue des logements à Montargis et qui a fait un partenariat entre l'agglomération et la société." L'homme qui se considère comme "citoyen attentif et simple blogueur" fait ces révélations sur son site internet. Une enquête est ainsi ouverte.
 
"Je remplis le rôle que devraient avoir certains élus", avoue Gilles Ducoudré. / © Joanne Girardo - France 3 Centre-Val de Loire
"Je remplis le rôle que devraient avoir certains élus", avoue Gilles Ducoudré. / © Joanne Girardo - France 3 Centre-Val de Loire


Frank Supplisson justifie cet acte et décision par le manque de médecins à Montargis et ses alentours. En novembre, l'agglomération décide de mettre à disposition des logements - par l'intermédiaire de la SARL "Le Bon Gîte" -  pour un interne. "J’ai voulu rendre service : quand un interne arrive et doit se loger par une autre formule qu’un hôtel, on cherche un bon appartement meublé." Avant d'ajouter : "Mon intérêt est de lutter contre la desertification médicale. On n’avait personne à la Maison de santé, la mise à disposition d’un logement de qualité et meublé était un facteur clé."

 

"Je me suis apauvri"


L'élu martèle qu'il a "simplement" voulu rendre service et qu'il ne s'est pas enrichi. "En février, quand j'ai vu la polémique arriver, j’ai demandé à la société d’appliquer la gratuité. J'ai payé les loyers de cet interne et d'un jeune médécin avec mon argent personnel. Je ne sais pas si c’est légal, mais c'est une libéralité. Je veux bien être condamné pour avoir hébergé gratuitement un interne en médecine sur mon argent personnel." Il a également remboursé la caution et les loyers. "Il n'y a pas un euro d’argent public dans les caisses de cette société." Il dit payer entre 1 300 et 1 400 euros de loyer pour ces deux personnes.

Frank Supplisson devrait prochainement être entendu par la Brigade financière d'Orléans (division économique et financière de la direction interrégionale de la police judiciaire), selon France Bleu Orléans. Une échéance que le président d'agglomération aborde sereinement. "Je connais exactement la situation. Rien n’a été caché, tout est transparent. J’attends que l’enquête dise si je me suis enrichi. Mais je me suis apauvri."

 

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