Attaqués par cinq hommes entrés par effraction dans la nuit, les occupants du Théâtre d’Orléans restent déterminés

Dans la nuit du 8 au 9 mai 2021, cinq hommes ont fait irruption dans le Théâtre d’Orléans. Ils s’en sont pris aussitôt au gardien et aux occupants dont trois ont fini aux urgences. Malgré les pressions, les intermittents se disent plus motivés et solidaires que jamais.

© PHOTOPQR/REPUBLIQUE DU CENTRE/MAXPPP

Bien que déplorable, le bilan aurait pu être encore plus lourd. La nuit du 8 au 9 mai 2021 s’est terminée aux urgences pour trois des intermittents qui occupent le Théâtre d’Orléans. Témoignant de la violence de l’attaque, un des occupants à subi une dizaine de points de suture. "Le gardien du Théâtre à lui aussi été très amoché", déplore Coraline, au nom de tous les occupants du Théâtre d’Orléans.

Aux alentours de 1 heure du matin, cinq individus sont entrés dans le théâtre d’Orléans par effraction. Ils s’en sont pris au vigile et l’ont rué de coup. Neutralisé par deux des cinq hommes, ce dernier n’a pu empêcher les autres individus de pénétrer dans le Théâtre. "Tout s’est déroulé très rapidement, explique Coraline. Il y avait pas mal d’occupants qui ont fait bloc pour les repousser le plus vite possible à l’extérieur." Les cinq hommes ont directement pris la fuite, peu de temps avant l’arrivée de la police sur les lieux. 

Fêtes johanniques et tensions 

"Il n’y a eu aucune parole, aucun slogan, aucune revendication. Uniquement des coups", raconte Coraline. Bien que l’attaque n’ait pas encore été revendiquée, les occupants ont leur petite idée sur son origine. Dans un communiqué, ils dénoncent des "méthodes fascisantes". Et le contexte orléanais du moment va dans leur sens.

Quelques heures plus tôt, le 8 mai, les intermittents ont défilé avec leur Jeanne d’Arc. "Une manière pacifiste et presque parodique de porter nos revendications", affirme Coraline. Initialement prévues en mars, les fêtes johanniques se déroulaient finalement ce week-end à Orléans, avec – Covid oblige - plus de sobriété que d’habitude.

"Quand on a su que les Fêtes johanniques à Orléans étaient annulées, on a voulu faire une manifestation contre la réforme de l'assurance-chômage. On va lier l'utile à l'agréable. Et Jeanne d'Arc est une figure féminine, en lutte. C'est tout à fait notre esprit. On y est sensible", confie à la République du Centre Laurent, un autre intermittent. Mais la question est sensible et a pu alimenter les tensions. "On sait que des gens plutôt mal intentionnés tournaient autour de notre défilé", ajoute Coraline sans oublier de répéter les intentions pacifistes de la manifestation.

Selon les informations de France Bleu, une enquête en flagrance pour violences volontaires en réunion est ouverte par la procureure de la République d’Orléans. 

Malgré le choc de cette agression, réunis en assemblée générale le 9 mai, les occupants du Théâtre d’Orléans tiennent à affirmer que leur "détermination à la poursuite de l’occupation reste intacte". Coraline y voit même une énergie supplémentaire dans les rangs des occupants : "Cela renforce notre solidarité et notre motivation.

Au cours de la journée du 9 mai, plusieurs soutiens se sont manifesté en réponse aux événements de la nuit. Parmi eux, le directeur de la scène nationale d’Orléans François-Xavier Hauville, la députée du Loiret Stéphanie Rist ou encore François Bonneau, candidat à sa propre réélection à la présidence de la Région Centre-Val de Loire. 

De quoi retrouver un petit peu d’espoir dans les rangs des occupants du Théâtre d’Orléans. Ce que confirme Coraline : "Nous sommes optimistes, nous devons discuter la semaine prochaine pour trouver un accord au niveau local sur le plan de relance. Et pour ce qui est de l’assurance-chômage, nous continuerons à nous battre avec autant de volonté pour dénoncer cette réforme en occupant le Théâtre !"

 

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