Atterrissage du rover Perseverance sur mars : "C'est le début de l'aventure", pour le CNRS d'Orléans

Le centre de recherche spatiale d'Orléans a participé à une composante essentielle de la mission du rover Perseverance, et sera encore plus impliqué dans la mission ExoMars 2022, lancée par l'Agence Spatiale Européenne.

La première photo de mars envoyée par le rover Perseverance.
La première photo de mars envoyée par le rover Perseverance. © NASA / AFP

Sept minutes de suspense, et une première image qui marque le début d'une nouvelle page de l'aventure humaine sur mars. Le rover Perseverance, conçu par la NASA, a atterri ce 18 février sur le sol martien après 8 ans de travail et un voyage de sept mois. Dans la salle de contrôle du Jet Propulsion Laboratory, à Pasadena en Californie, les équipes présentes ont explosé de joie.

Et ce petit robot, lancé depuis un lointain continent depuis une lointaine planète, nous concerne de plus près que l'on ne pense. Frédéric Foucher, ingénieur de recherche en sciences des matériaux au CNRS d'Orléans, retenait lui aussi son souffle hier soir.

"On ressent un grand soulagement, principalement. Même si la NASA a beaucoup d'expérience, et a prouvé par le passé qu'elle savait poser des robots sur mars, on est toujours soulagés, c'est quand même délicat, et il n'y a que 50% de réussite" rappelle le chercheur.

"Le début de l'aventure" pour le CNRS d'Orléans

Orléans n'est pas intervenue dans la conception du robot, mais a bien été associé à une étape cruciale. "Pour nous, c'est le début de l'aventure. Le rover va collecter des échantillons susceptibles de contenir des traces de vie, à la surface de mars, dans l'idée de les ramener sur terre en 2031. Nous avons été impliqués dans le processus de sélection de ces échantillons" expliquait-il au micro de notre journaliste, Benoît Bruère.

En plus de ce travail en amont, les laboratoires du CNRS se sont aussi intéressés à la question de la conservation de ces échantillons à leur retour sur terre et la manière dont ils vont être exploités, confirme auprès de France 3 Frances Westall, directrice du groupe d'exobiologie du centre de biologie moleculaire.

"On ne s'attend pas à trouver des petits hommes verts, plaisante Frédéric Foucher, plutôt des traces de vie, des micro-fossiles. Perseverance n'est pas capable de détecter la vie, il doit se déplacer, collecter des échantillons, les ranger dans des boîtes et les garder précieusement en attendant l'arrivée d'un autre robot qui viendra les chercher pour les ramener sur terre en 2031. On pourra ensuite analyser cet échantillon pour peut-être trouver des traces de vie."

Mais même si Perseverance n'a pas tous les talents, le site où il a atterri devrait faire toute la différence. Le cratère de Jezero, dont les scientifiques pensent qu'il contenait il y a 3,5 milliards d'années un lac, était le site d'atterrissage le plus périlleux jamais tenté par la Nasa. "Le point de chute a été choisi par rapport à la géologie du site et la probabilité qu'il y avait de trouver des traces de vie fossiles, et de les préserver."

ExoMars 2022 : l'Agence Spatiale Européenne arrive sur la planète rouge

Les équipes de la Nasa vont passer les prochains jours à vérifier que le rover et ses nombreux équipements de pointe n'ont pas été endommagés et fonctionnent correctement. Les premiers prélèvements de roche par Perseverance devraient commencer cet été. Il seulement le cinquième rover à fouler le sol martien. Depuis le premier, en 1997, ils sont tous américains, et l'un d'eux, Curiosity, est toujours en activité ailleurs sur la planète rouge.

Ils ne seront pas longtemps seuls. L'Agence Spatiale Européenne enverra son propre rover sur la planète rouge dès l'année prochaine, avec la mission ExoMars 2022. "Ça va partir dès l'année prochaine pour un atterrissage en 2023, confirme Frédéric Foucher. Et là Orléans est vraiment impliqué. Nous avons un instrument, Clupi, une petite caméra fixée sur le nouveau rover de l'agence spatiale européenne. Cette mission 2022 est même née à Orléans, elle est issue de travaux menés à la fin des années 1990 par André Brack et Frances Westall."

 

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