PHOTOS. Tracteurs, blocages et retour en force : revivez la mobilisation contre la réforme des retraites en Centre-Val de Loire

Les actions de blocage et de manifestation ont continué ce 23 mars avec une nouvelle journée de mobilisation. Après le 49.3 du gouvernement et l'échec de la motion de censure, le mouvement social avait annoncé une intensification des efforts.

L'interview d'Emmanuel Macron sur France 2 et TF1 aura-t-elle finalement été une motivation supplémentaire pour le mouvement contre les réforme des retraites ? Si les revendications restent les mêmes, la contestation vise de plus en plus clairement le gouvernement lui-même, plutôt que le projet de loi passé "en force" à l'aide de l'article 49.3.

Plus d'une vingtaine de points de rassemblements ont été annoncés en Centre-Val de Loire, notamment dans les principales villes à Orléans, Tours ou Chartres.

Les manifestations se sont poursuivies en fin de matinée et en début d'après-midi. On a compté plusieurs milliers de personnes à Tours, Orléans, Bourges ou encore Châteauroux ce 23 mars.

À Chartres, 3500 manifestants étaient présents dans le cortège selon la police, entre 9000 et 10 000 selon l'intersyndicale, mais c'est sans compter plusieurs cortèges non déclarés qui se sont dispersés dans le centre-ville. À Orléans, la CGT revendique à nouveau 30 000 manifestants alors que la police affiche à nouveau un écart étonnant avec l'intersyndicale, n'ayant compté que 7200 personnes.

À Tours, certains ont même défilé en tracteurs.

Une méthode qui rappelle ces images étonnantes de Rennes, où un tracteurs a été poussé par les manifestants face à un canon à eau afin de pouvoir s'abriter derrière.

À Châteauroux, "Macron nous a reboosté !"

Ils sont 10 000 à Châteauroux selon les syndicats, 6500 selon la police. L'ambiance est au calme, mais aussi un regain d'énergie comme en témoignent certains manifestants après le passage télévisé du président de la République.

"On ne s'est jamais sentis aussi bien qu'aujourd'hui, on est en pleine forme, ça nous a reboosté !" affirme Philippe Bonnet, secrétaire général de la CFDT de l'Indre. "Vraiment, monsieur Macron c'est quelqu'un qui sait mobiliser les syndicalistes et toute la population !"

Avant on avait un président méprisant, maintenant on a un président méprisé !

Philippe Bonnet, secrétaire général CFDT 36

"Il nous a mis en feu Emmanuel Macron", renchérit Florent Garcia, délégué de FO. "C'est un bon antidépresseur, quelque part !"

Au-delà de l'humour, il y a aussi la colère sourde contre une intervention du président jugée méprisante, notamment lorsqu'il emploie le terme de "factieux" et compare les manifestations à la tentative de coup d'État trumpiste du 6 janvier 2021 aux États-Unis. Comme l'expriment ces soignantes rencontrées par l'équipe castelroussine de France 3 : "On a des boulots de merde, mal payés, ça nous coûte beaucoup de nous mobiliser et on n'apprécie pas de se faire traiter de 'factieux' !"

Début du cortège à Tours et Orléans

Peu après 10h, les rassemblements de Tours et d'Orléans voyaient déjà une vaste foule, place de la Liberté dans la capitale tourangelle et sur le parvis de la cathédrale de la cité johannique.

9h : les grévistes Enedis rejoignent la manifestation

À Orléans, peu avant 9h, le sud de la Loire a résonné des klaxons d'une vingtaine de fourgons Enedis arborant les couleurs de la CGT. Ces derniers ont emprunté le pont Georges V et continué vers le centre-ville.

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Fourgons Enedis mobilisation du 23/03/2023 ©B. Mallen / France Télévisions

Le rassemblement orléanais, lui, devrait débuter dès 10h sur le parvis de la cathédrale.

Blocage du rond-point d'Orléans à Chartres dès 7h

À l'entrée de Chartres, dès 7h du matin, le rond-point d'Orléans a été bloqué par une centaine de personnes, parmi lesquelles des grévistes mais aussi une dizaine de gilets jaunes. La police a été dépoyée "à titre préventif", indique le commissariat, pour éviter les incidents entre manifestants et conducteurs.

"Je les soutiens totalement" déclare à l'équipe de France 3 un chauffeur du poids lourd bloqué au rond-point. "Vous me voyez faire ça jusqu'à 64 ans ? Je pars toute la semaine, c'est pas possible." Au-delà de la retraite, c'est aussi l'attitude de l'exécutif, président de la République en tête, qui l'excède.

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Camionneur rond-point d'Orléans à Chartres mobilisation 23/03/2023 ©France télévisions

"Il a dit 'le peuple' mais dès qu'on se retrouve tous ensemble, on n'est plus un peuple, on est 'une foule' ! C'est plus un président qu'on a, c'est Macron Ier !" Il repart en distribuant des bonbons aux manifestants et en attrapant au passage un drapeau de la CGT offert par les syndicalistes.

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