Orléans La Source : naissance d'un tout nouveau laboratoire de recherche spatiale

Le lancement d'un satellite, à Cap Canaveral, en février - Photo d'illustration / © HO / SPACEX / AFP
Le lancement d'un satellite, à Cap Canaveral, en février - Photo d'illustration / © HO / SPACEX / AFP

Le laboratoire Icare du CNRS, déjà présent sur le site, vient de conclure un partenariat inédit avec la start-up Exotrail. Ensemble, ils vont se concentrer sur la miniaturisation des propulseurs, un énorme besoin du marché.

Par Yacha Hajzler

"Si on imagine qu'on connecte tous les objets de la planète, il faut une capacité gigantesque en termes de transfert d'information, qu'on n'a pas." Stéphane Mazouffre, directeur de recherche au laboratoire Icare du CNRS, à Orléans la Source, voit déjà loin.
 

Chérie, j'ai rétréci le satellite


Le CNRS a officialisé le 5 mars un partenariat entre son site de recherche et la jeune start-up Exotrail. Les deux équipes vont associer leurs forces sur un domaine de recherche commun : la miniaturisation des systèmes de propulsion des satellites.

"Jusqu'à récemment on a eu des satellites assez massifs, explique Stéphane Mazouffre. Les satellites de communication, les plus connus du grand public, c'est plusieurs tonnes et ils sont loin, en orbite géostationnaire, à 36000 km de la terre."

Mais depuis quelques années, comme pour les téléphones portables, cette technologie tend à se miniaturiser. Moins complexes, moins coûteux, plus faciles à lancer... Les nano et micro satellites sont en voie devenir la norme.
 

Objets connectés et changement climatique


"Il y a probablement des très gros besoins qui arrivent, à cause de ce qu'on appelle l'internet des objets, dont le meilleur exemple est la voiture connectée, illustre le chercheur. Si on imagine qu'on connecte tous les objets de la planète, il faut une capacité gigantesque en termes de transfert d'information, qu'on n'a pas. Une manière de le faire serait d'utiliser des constellations de satellites, des centaines voire des milliers."

Autre activité très demandeuse de ces technologies plus flexibles : la surveillance de la planète, alors que la pollution et les changements climatiques en font une matière de plus en plus mouvante.
 
 

Conquérir le marché


Problème, si ces satellites sont tout prêts à conquérir l'espace, ce n'est pas le cas des systèmes censés les y propulser.

"Comme tout cela est très récent, il n'y a pas vraiment de moteurs miniatures de prêts. Ceux qu'il y a sont moyennement performants ou mal adaptés aux besoins, juge le directeur de recherche. On va utiliser à bon escient cette expertise avec Exotrail pour mettre sur le marché rapidement de tout petits moteurs. Rapides, efficaces, performants, et avec une bonne durée de vie."
 
Un élément prototype de micropropulseur. / © CNRS
Un élément prototype de micropropulseur. / © CNRS

Exotrail et Icare espèrent voir leur technologie opérationnelle d'ici 2 à 3 ans. Un délai très court, obligatoire dans ce marché ultracompétitif. Pour Stéphane Mazouffre, c'est bien la puissance de la France dans le domaine spatial qui est en jeu.

"Si les entreprises françaises ne survivaient pas, ça veut dire que tout ce qui est domaine spatial, du militaire aux télécommunications, devrait être sous-traité à d'autres. Je pense que ce n'est pas ce qu'on veut. Et puis il y a un aspect purement économique, c'est la création d'emplois."

Le laboratoire, qui restera sur le site d'Orléans la Source, embauchera d'ailleurs prochainement à des postes d'ingénieur ou de docteur.

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