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Rap : l'Orléanais Dosseh revient avec des “bonnes ondes” pour l'été

Le rappeur orléanais, Dosseh Dorian N'Goumou. / © Martin BUREAU / AFP
Le rappeur orléanais, Dosseh Dorian N'Goumou. / © Martin BUREAU / AFP

Originaire d'Orléans, il sort la quatrième édition de ses mixtape d'été : "Summer Crack" 

Par Yacha Hajzler avec AFP

Ça commence avec L'odeur du charbon. Si la mélodie est douce, légère, le texte est solennel. "Retards d'loyer, eau froide, hiver Sous dettes, noyé, fuck la misère", chante Dosseh. Le rappeur orléanais s'est révélé aux non-initiés l'an dernier avec la mélodie au piano d'Habitué, près de 64 millions de vues sur Youtube. 
 

Quelques mois après la sortie de son album, il revient avec la quatrième édition de sa mixtape "Summer crack", dix titres chargés d'énergie et de second degré. Plus de 2 300 ventes en cinq jours. Dosseh, qui n'aspire plus aujourd'hui qu'à diffuser de "bonnes ondes" à travers ses "ballades rap" s'est entouré d'artistes très appréciés du milieu, comme KobaLaD, Maes ou Bramsito.
 

Des banlieues aux bourgeois


L'odeur du charbon, premier clip diffusé, raconte le quotidien difficile des dealers. Ancien vendeur de crack, dans la banlieue d'Orléans, Dosseh Dorian N'Goumou sait de quoi il parle. A 34 ans, "je n'en fais pas des cauchemars, ça s'est passé, raconte-t-il. J'avais une urgence, l'urgence de subvenir à mes besoins, de vivre comme les autres jeunes. Dans mon entourage, beaucoup de gens étaient dans ça". Aujourd'hui, dit Dosseh, ce sont les "bourgeois" fascinés par son histoire que sa musique attire. Entre autres. 
 


La musique en héritage


Si pour le grand public, il vient d'arriver, les aficionados du rap le connaissent depuis 15 ans, déjà. Il a créé en concert une "communauté forte", qu'il a fait lever en hommage à sa mère lors de son concert à l'Olympia, en janvier. 3000 personne debout, pour elle qui le "voyait travailler pour la première fois". "Si j'étais plus fragile, j'aurais lâché une larme", reconnaît Dosseh, barbe épaisse et carrure de champion de MMA. 

Son identité musicale, elle lui vient de sa famille. Son grand-père, qui lui apprend très tôt à lire. Son père, un comptable, pianiste dans sa jeunesse au Cameroun, qui lui donne le goût de la musique, comme à son demi-frère avant lui : Pit Baccardi, une des pointures du rap des années 2000. 
 


"On est passés par la fenêtre"


Au cours de sa carrière, Dosseh est aussi devenu proche du plus célèbre des rappeurs, le Duc de Boulogne a.k.a : Booba. Ils ont d'abord partagé un morceau, Infréquentables, en 2016. "Quand il a écouté le titre, initialement en solo, il balançait sa tête puis il nous a dit : “C’est lourd ! Les gars, si vous êtes chauds, je suis partant pour poser dessus". Un feat de Booba, ça ne se refuse pas" raconte-t-il dans Les Inrocks

"Les grandes institutions de la musique ne voulaient pas nous faire manger à leur table, alors on est passé par la fenêtre" résume Dosseh. Il a appliqué la même recette au cinéma, réalisant dans son coin le film "Karma" en 2013. Le film raconte l'histoire de Ahmess, joué par Dosseh lui-même, un jeune garçon rattrapé par son passé, alors qu'il essaie de stopper ses activités illégales pour s'établir comme rappeur. Autobiographique, dans une large mesure. 

"Je ne connais personne dans le milieu, mais je kiffe le cinéma, alors on fait comment? J'ai réuni trois-quatre potes, et on a sorti le film". Il y reviendra sans doute. Pour lui, "le rap est une vitrine, une passerelle vers autre chose". Le public s'occupera de la haie d'honneur. 

 

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