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5 questions à Jean-Marie Rouault, marcheur du Loiret, vainqueur de Paris-Alsace : 426 km à pied en 4 jours

426 km parcourus en 56 heures, 52 minutes, et 25 secondes, le travail de toute une équipe... / © JM. Rouault
426 km parcourus en 56 heures, 52 minutes, et 25 secondes, le travail de toute une équipe... / © JM. Rouault

Déjà vainqueur en 2013 de cette marche mythique, autrefois appelée Paris-Colmar, le marcheur Loirétain Jean-Marie Rouault a récidivé cette année. Du 5 au 8 juin, il a parcouru les 426 km de l'épreuve en 56 heures, 52 minutes, et 2 secondes.

Par Christelle Chapiotin

  • Pourquoi se relancer un tel défi après une première victoire et une interruption ?
Dans ce type de discipline, trois critères sont importants pour une réussite : la condition physique et l’entrainement, l’équipe, et le budget. Il se trouve que tout était réuni. J'ai mis un an pour prendre ma décision et repartir sur cet évènement. Il y avait en plus le défi de décrocher une deuxième étoile sur cette épreuve mythique. La première a été remportée à Colmar, en 2013, l'autre se trouve maintenant à Ribeauvillé. L’envie a été forte aussi de graver mon nom sur cette compétition, et de rester le dernier Français à remporter le « Paris Alsace » depuis 26 ans.
 
 
  •  Comment gère-t-on une course de ce genre ?
En ce qui me concerne, je calcule et j’écris tout à l’avance. Je planifie 3 cycles sur une période de 1 an, avec préparation physique, entraînements, et courses de préparation. Ensuite, l'épreuve en elle-même est fractionnée en plusieurs tronçons :

- un prologue de 9 km à Neuilly-sur-Marne, sans intérêt pour moi. Je me suis fixé une allure de 9,3 km/h, et me suis retrouvé à la dernière place du classement, mais en ne perdant que 10 mn sur la tête de course.

- 1ère étape de 215 km entre Château-Thierry et Bar-le-Duc :
Je suis parti à une allure de 9,3 km/h, que j’ai tenue tout au long du tronçon. A cette vitesse, je savais que personne ne pourrait me suivre sur une telle distance. J’ai fait la différence avec un écart de 3 heures sur mes poursuivants, et profité de l’arrêt obligatoire de 2 heures.

- 2e étape de 175 km entre Bar-le-Duc et Epinal :
J’ai réduit mon allure, tout en continuant à augmenter les écarts avec mes concurrents. Il ne fallait pas arriver à Epinal trop tard, afin de profiter au maximum du moment de repos.
 
- 3e et dernière étape de 56 km entre Plainfaing et Ribeauvillé :
Après avoir franchi le col du Bonhomme et celui du Calvaire, j'ai profité des derniers moments, et préparé mon arrivée glorieuse à  Ribeauvillé.

 
  • Quels ont été les moments les plus difficiles dans cette édition 2019 ?
Le départ de Château Thierry (1ère étape le jeudi) s’est fait sous la pluie, et rapidement nous avons eu les pieds mouillés, ce qui n’est pas très favorable pour une épreuve de 426 km, puis une deuxième averse est tombée au kilomètre 30, donc assez rapidement.

Le vendredi matin (2e étape), j'ai ressenti comme souvent un coup de fatigue au lever du jour. Nous sommes au kilomètre 280, et à notre deuxième nuit blanche. Il a fallu résister pour parvenir à Mirecourt, au kilomètre 340, car ensuite je connaissais très bien la fin du tronçon que j'avais repéré à plusieurs reprises.
 
  • A quel moment se dit-on que c’est gagné ?
J’ai fait la différence assez rapidement et je savais qu’avec un écart de 3 heures à Bar-le-Duc au kilomètre 226, il serait difficile de m’empêcher de gagner. Mais cette épreuve est longue, et tout peut arriver, il fallait donc rester concentré sur notre objectif, et gérer notre avance.
  
 
  • Ne faut-il pas être un peu fou pour se lancer dans cette aventure ?
En effet il faut un brin de folie pour se lancer sur de telles épreuves. Quand on est compétiteur, on aime aller chercher des titres. Pour le « Paris Alsace » il est directement décerné par le président de la République, avec la remise du vase de sèvres. Après nous sommes dans un cercle vicieux, un titre en appelle un autre...
 

 

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