Police : les masques commencent à arriver et les syndicats exigent l'annonce officielle du droit de les porter

Contrôle de police à Tours relatif au confinement / © David Goubeau-Alliance Police Tours
Contrôle de police à Tours relatif au confinement / © David Goubeau-Alliance Police Tours

Les forces de l'ordre sont mobilisées pour contrôler les déplacements des citoyens depuis mardi. Les masques commencent à arriver dans les commissariats mais rien d'officiel encore sur l'autorisation de les utiliser. Les syndicats demandent plus de clarté et plus de moyens de protection.   

Par Marine Rondonnier

On a peur d'être malade mais il faut faire le travail

William Tranquard, secrétaire départemental adjoint du syndicat Unité SGP Police du Loir-et-Cher était plutôt inquiet mais aussi résigné ce matin au téléphone. "En local, ça ne se passe pas trop mal même si les moyens ne sont pas à la hauteur de ce qu'il faudrait". 
 

500 masques chirurgicaux et FFP2 pour 120 hommes au commissariat de Blois 

Le fonctionnaire de police fait les comptes. "Depuis le début de la crise du coronavirus, on a reçu un stock de 500 masques chirurgicaux et FFP2 pour 120 hommes. C'est évidemment insuffisant. Notre hiérarchie nous dit ques des masques qui sont efficaces 3 heures peuvent bien être utilisés pendant tout la journée. C'est toujours ça d'économiser."

Tous les hommes sur le terrain demandent plus de masques, de gants et aussi du gel hydro-alcoolique. " Du gel on n'en a plus du tout", constate le représentant syndical. Et d'avouer : " C'est vrai qu'on est inquiet personnellement. On se demande comment on va pouvoir travailler dans ces conditions. On a peur d'être malade mais il faut faire le travail. " 

Côté hiérarchie, les discours se succèdent et ne se ressemblent pas. " Un jour on nous dit que les masques peuvent faire peur à la population et le lendemain qu'on peut porter des masques si on en a. On fait donc comme on peut avec les moyens qu'on nous donne, comme tout le monde". Et de conclure : "On n'envisage pas d'exercer notre droit de retrait pour le moment."
 

Menace de droit de retrait au niveau national

 Au niveau national, la position du syndicat Unité SGP Police FO est plus dure. Il menace d'utiliser le "droit de retrait" si des policiers continuent à être empêchés de porter des masques de protection contre le coronavirus. 

Le 18 mars sur Franceinfo, le secrétaire général du syndicat Yves Lefebvre déclarait : "Moi je dénonce les consignes de Christophe Castaner. Je n'ai eu de cesse de le lui dire depuis qu'on a amorcé cette triste crise sanitaire. Il faut impérativement que l'agent qui contrôle soit porteur d'un masque. Jusqu'à ce que la preuve sanitaire du contraire nous soit apportée", relate le représentant syndical.
 

 


"Dans les commissariats, il n'y a parfois même pas assez de savon et de papier pour se laver les mains"

David Goubeau, secrétaire départemental Alliance Police Indre-et-Loire est en colère. Il se dit prêt à soutenir tous ses collègues qui voudraient exercer leur droit de retrait. " On sent une exaspération des collègues. Ils veulent être protégés. On nous demande d'être au contact de la population, au plus près pour faire respecter le confinement et on a peur pour nos vies. C'est inadmissible. "

Et d'ajouter. " Nos collègues en Allemagne, en Espagne, au Luxembourg sont tous protégés et nous on attend toujours l'arrivée des masques. La préfecture et le Ministère de l'Intérieur ne se rendent pas bien compe de la mise en danger à laquelle nous sommes confrontés. " 
 
Contrôle de police sans masque place Jean Jaurès à Tours ce vendredi 20 mars 2020. / © David Goubeau-Syndicat Aliance Police 37
Contrôle de police sans masque place Jean Jaurès à Tours ce vendredi 20 mars 2020. / © David Goubeau-Syndicat Aliance Police 37


Le représentant syndical dénonce un manque de tout : des masques mais aussi du gel hydro-alcoolique et même du savon et du papier dans les commissariats." Dans certains commissariats, des collègues ont dû apporter du savon de chez eux parce qu'il n'y en avait pas."

Les fonctionnaires de police sont conscients qu'il manque des masques pour tout le monde notamment le personnel soignant. " On a eu des dotations privées parce que nos réserves de masques étaient très limitées. C'est un combat de tous les jours. "

 


Le syndicat Alternative Police CFDT attend l'annonce officielle de l'autorisation à porter un masque

"Dans le Loiret, on est en train de recevoir aujourd'hui le matériel de protection nécessaire. Il y a eu beaucoup de retard mais c'est en train de s'arranger. Dior nous a envoyé du gel hydro-alcoolique et le Centre de gestion de la Police nous fait parvenir des masques et des gants."

Bruno Berger du syndicat Alternative Police CFDT Loiret se veut rassurant en ce qui concerne le matériel de protection pour les fonctionnaires de police qui effectuent les contrôles sur le terrain. "Ce que nous attendons maintenant c'est une annonce officielle de l'autorisation de porter des masques. Même si évidemment nous en portons quand nous en avons, nous n'avons reçu aucun mesage clair à ce sujet. "

Hier, jeudi 19 mars,  Alternative police CFDT  préconisait une "mise en attente opérationnelle" et appellait les policiers à suivre les consignes suivantes :

 
Communiqué de presse d'Alternative Police CFDT du 19 mars 2020 face à la crise du Coronavirus. / © Alternative Police CFDT
Communiqué de presse d'Alternative Police CFDT du 19 mars 2020 face à la crise du Coronavirus. / © Alternative Police CFDT
 
  • Solliciter des équipements en nombre suffisant : gel hydroalcoolique, gants en latex et
masques de protection à raison d’un toutes les quatre heures ;
  • A défaut, stopper toute patrouille véhiculée et/ou mission imposant un contact de proximité
avec des usagers ;
  • Attendre la dotation du matériel requis dans le contexte sanitaire actuel ;
  •  Se tenir à disposition durant toute la vacation jusqu’à obtention (ou pas) dudit matériel.
"ALTERNATIVE Police CFDT, par son réseau de délégués sur l’ensemble du territoire, transmettra les modalités strictes de cette mise en attente opérationnelle", peut-on lire dans le communiqué du syndicat national. 



 En 24 heures, les policiers de Tours ont verbalisé 59 personnes qui ne respectaient pas les mesures de confinement. Une soixantaine depuis mardi. 

Dans le Loir-et-Cher, 10 000 opérations de contrôle de motifs de déplacement ont été menées par la Police et la Gendarmerie. 50 contraventions ont été dressées. 


 

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