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Suicide de policiers : Alternative Police CFDT tire la sonnette d'alarme

L'ex-compagnon de la victime a été mis en examen - Photo d'illustration / © IP3 PRESS/MAXPPP
L'ex-compagnon de la victime a été mis en examen - Photo d'illustration / © IP3 PRESS/MAXPPP

Dimanche 7 avril, en Eure-et-Loire, le suicide d'une femme policier des Yvelines était le 25ème suicide d'un policier, depuis le début de l'année selon les syndicats de police. ALTERNATIVE Police CFDT appelle à des "actes concrets pour endiguer ce fléau" 

Par Marine Rondonnier

"Le manque de considération, l’attentisme de certaines autorités, à ne pas remettre de l’ordre auprès de ceux qui confondent autorité hiérarchique et autoritarisme, management participatif ou intérêt personnel ainsi que ceux des “favoris”, influe sur l’état psychologique des agents de nos commissariats, pourtant fortement sollicités ces dernières années."

Dans un communiqué de presse, le bureau zonal Centre Val de Loire et Haute Normandie de l'organisation syndicale ALTERNATIVE Police CFDT souhaite "exprimer sa douleur et sa colère, face à ce fléau, sans réponse depuis 20 ans, malgré les discours d'intention du Ministère de l'Intérieur".

"A ce rythme on pourrait atteindre 90 suicides dans l'année"

" Nous avions un triste record en 1996 avec 71 suicides. Cette année à ce rythme, on va atteindre les 90 suicides dans la Police et rien ne bouge." Bruno Berger du syndicat Alternative Police CFDT ( Loiret, Eure et-Loir, Loir-et-Cher) constate que "partout nous sommes en sous-effectif. Les fonctionnaires sont épuisés. On accumule les dossiers d'investigation et les missions. Les policiers n'ont plus le loisir de se reposer". 

Les facteurs qui poussent un policier à se donner la mort sont multiples : problèmes familiaux, financiers et professionnels. " Mais si déjà nous pouvions agir au niveau professionnel, ça limiterait les risques psycho-sociaux," explique Bruno Berger.
 

De l'empathie de façade

"Si on prend l'exemple d'Orléans-Montargis, il manque 50 fonctionnaires (terrain et administratifs) depuis un an et demi. Nous alertons la préfecture mais rien n'est fait. " Les policiers, fatigués, demandent que dans chaque commissariat des efforts soient faits pour niveler les risques psycho-sociaux. Sur les effectifs mais aussi sur le mangement.  " On nous sert de l'empathie de façade. "C'est bien, vous avez bien travaillé". Et après il faut faire du chiffre et enchaîner les missions. Ce n'est plus tenable". 

Un mouvement prévu en mai

Pour le moment, l'organisation syndicale prévoit un "mouvement de propositions" courant mai quand elle aura collecté les différentes données de risques psycho-sociaux dans les commissariats. ALTERNATIVE Police CFDT a mis en place, depuis février, un groupe de travail sur les questions du suicide et des risques psychosociaux.
"Si aucune décision concrète n'est prise, nous envisagerons un mouvement de contestation", conclut le syndicaliste, inquiet pour ses collègues. 






 

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