Alors que la vaccination s'accélère en Centre-Val de Loire, l'ouverture du vaccinodrome du Loiret est repoussée

L’ouverture du "vaccinodrome" d’Olivet (Loiret) a été repoussée au 12 avril, à cause d'un problème d'organisation, ce qui interroge certains élus et médecins, "c'est consternant" lâche un soignant.

Le centre sportif du Larry à Olivet abritera le centre de vaccination de grande capacité de la métropole d'Orléans.
Le centre sportif du Larry à Olivet abritera le centre de vaccination de grande capacité de la métropole d'Orléans. © Google Maps

Le centre de vaccination à grande capacité, au centre sportif du Larry à Olivet, ouvrira ses portes la semaine du 12 avril.” C’est par ce propos liminaire que la préfecture du Loiret, l’Agence régionale de santé (ARS) Centre-Val de Loire et la mairie d’Olivet répondent dans un communiqué commun, à l’information de France Bleu Orléans ce jeudi matin à savoir que le “vaccinodrome” au centre sportif du Larry n’ouvrira pas le 6 avril, comme il était prévu.

Quand on creuse un peu, la situation est en fait plus complexe. A l’origine, “une journée de test était prévue le 7 avril pour vacciner 700 à 900 personnes ce jour-là, avant de démarrer de façon ferme et définitive le 12 avril”, explique le docteur Christophe Tafani, président du conseil de l’ordre des médecins du Loiret. Il se dit “ennuyé” car il avait déjà sollicité l’ensemble de ses confrères du département pour appeler les volontaires qui souhaitaient vacciner à s'inscrire.

Véronique Boiteux, pharmacienne référente du conseil de l’ordre des pharmaciens dans le Loiret, elle, ne se dit pas surprise, car  “à chaque fois la date du 12 a été évoquéeLors des dernières réunions, il a été question de la fin de semaine prochaine [soit une ouverture anticipée vers le 8 ou 9 avril, NDLR]", reconnaît-elle.

5.000 doses par semaine

Mais à ce moment-là, il n’y avait pas d’adresse mail ou de site internet où les professionnels de santé pouvaient se porter volontaire. Depuis qu'ils l’ont enfin obtenu il y a quelques jours, il y est indiqué qu’“à partir du 12 avril on peut s’inscrire soit le matin, soit l’après midi”, assure la pharmacienne.

On l’a compris, le centre ne devait donc ouvrir que partiellement la semaine prochaine avant une montée en puissance. “4.000 doses du vaccin Pfizer seront allouées la première semaine au centre d’Olivet, assurent les autorités dans leur communiqué. La montée en charge se fera rapidement afin d’atteindre les 5.000 doses par semaine. Des créneaux de réservation seront très prochainement ouverts sur la plateforme en ligne Doctolib.

Mais des doses étaient d’ores et déjà allouées pour cette semaine du 6 avril. Elles “seront affectées aux autres centres du département”, précise le document.

Qui va gérer le Vaccinodrome ? Armée ou sécurité civile ?

Plus étonnant, il est écrit : “Deux scénarios opérationnel et logistique sont prêts à être déployés, dans l'attente d'une décision ministérielle portant sur l'une des deux options comprenant un engagement fort des armées”. 

Stéphanie Rist, députée LREM du Loiret, traduit cette phrase par : “La question qui se pose c’est qui va gérer ce centre ? Soit ce sont les collectivités, soit c’est l’armée ce qui serait très bien pour Olivet, je me bats pour cette solution. Nous saurons début de semaine prochaine si l’armée prendra en charge ce centre.

Les conseils des ordres des pharmaciens et des médecins, eux, traitaient pour l’instant avec la sécurité civile. D’ailleurs une réunion prévue ce jeudi soir entre la sécurité civile, les conseils des ordres, la préfecture et l’ARS a été reportée.

L'inertie technocratique en cause ? 

Face à cette situation et ces incertitudes, le Dr Tafani se dit “plein d’interrogations”. Il espère surtout que l’ouverture le 12 avril sera possible : “C’est très court, surtout que la semaine prochaine, on n’a que quatre jours effectifs vu que le lundi est férié. Par ailleurs le centre aura des doses Pfizer et Moderna qui nécessitent des conditions de stockage particulières.

Il va falloir qu’on avance quand même, c’est consternant.

Dr Christophe Tafani

Une consternation partagée par Serge Grouard, le maire (LR) d’Orléans. “Il y a au niveau de l’administration centrale de l’Etat une telle technocratie, une telle concentration qu’on ne fait pas confiance aux gens de terrain et donc on n’organise pas les choses avec l’efficacité que l’on devrait avoir”, clame-t-il.

A l'inverse, Richard Ramos, député Modem du Loiret, n’est “pas inquiet” : “il y a eu des soucis d’organisation : dont acte. On m’a certifié qu’on rattraperait notre retard donc on va rattraper notre retard” assure-t-il, en vaccinant “le dimanche, le weekend, le soir”.

On ne sera pas moins vacciné qu’ailleurs.

Richard Ramos

Ouverture le 6 avril de vaccinodromes dans deux départements

Ailleurs justement, la mise en place de vaccinodromes semble heureusement ne pas poser autant d’interrogations. En Indre-et-Loire, les deux grands centres à Saint-Cyr-sur-Loire et à Saint-Avertin doivent normalement ouvrir le 6 avril, d’après le président du conseil de l'ordre des médecins d'Indre-et-Loire, Philippe Paganelli.

Ils seront pris en charge par la communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS) de Tours. Un autre lieu de vaccination pour le grand public a par ailleurs déjà ouvert cette semaine à l’hôpital Bretonneau.

François Pesneau, le préfet de Loir-et-Cher, visitera quant à lui le centre de vaccination de très grande capacité situé à la salle du Jeu de Paume à Blois dès son ouverture le 6 avril. 

Deux fois plus de vaccinations dans le Cher

Dans le Cher, le site de vaccination principal de Bourges a déménagé le 29 mars dernier au palais des sports du Prado, dans les salles de réception.

Sur l'ancien site, les médecins pratiquaient 200 injections par jour. Grâce à ce nouvel espace trois à quatre fois plus grand, le Dr Dominique Engalenc, membre du conseil de l'ordre des médecins du Cher, espère passer dès la semaine du 6 avril à 450 vaccinations par jour et 500 le dimanche 11 avril.

On va passer très rapidement à 3.000 vaccinations par semaine en fonction des doses qu’on nous allouera, explique-t-il.  On utilise toutes les doses que l'on nous donne.” 

La préfecture se réjouit d'ailleurs sur Twitter que de nouveaux créneaux de vaccination s'ouvrent :

"Sous réserve que les vaccins arrivent"

Dans l’Indre, département où la vaccination est la plus avancée de la région, la campagne vaccinale progresse sans heurt majeur. “Il y a un centre de vaccination majeur à Châteauroux, où l'on faisait 250 vaccinations par jour, détaille Christian Moreau, le secrétaire général départemental du conseil de l'ordre des médecins. Là on va le faire passer à 400 vaccinations par jour. Ce sera en fonction de l’arrivée des vaccins.

Il attend pour la mi-avril 6.000 doses par semaine dans l’Indre, soit près de 1.000 par jour. “On en fera sans doute 400 à Châteauroux et on repartira les 600 autres dans les 10 petits centres de l’Indre”, prédit-il. Je ne suis pas inquiet... Sous réserve que les vaccins arrivent.

L'exception de l'Eure-et-Loir 

Le seul département à attendre avant d'ouvrir un vaccinodrome, c'est l'Eure-et-Loir. Jusque-là, la préfecture préférait assurer l'ouverture de sites de vaccination de proximité dans les 10 intercommunalités du département.

La question avait été posée d'agrandir des centres déjà existants, comme Chartrexpo à Chartres, ou le Parc des expositions à Dreux. Dans un point presse organisé ce vendredi 2 avril, la préfète a finalement annoncé son intention de transformer Chartrexpo en vaccinodrome à partir de la mi-mai, sept jours sur sept.

Elle préfère attendre à cause du manque de fiabilité concernant le nombre de vaccins disponibles. Pour le mois d'avril sont prévues des livraisons de 10.500 doses de Pfizer et 1.200 de Moderna. La préfecture ne préfère pas communiquer sur l'AstraZeneca, les chiffres étant beaucoup trop aléatoires. 

Pourtant, le département est toujours celui où le taux d'incidence est le plus élevé de la région, avec 380,7 cas positifs pour 100.000 habitants. La moyenne régionale s'élevait ce jeudi 1er avril à 301,9. Le taux de positivité - 9,5% - est supérieur d'un point à celui de la région - 8,3%.

Poursuivre votre lecture sur ces sujets