Un enfant autiste a-t-il été "violenté" lors de son séjour dans un institut médico éducatif du Loir-et-Cher ? Le parquet de Blois a classé l'affaire sans suite. Mais une association a décidé de déclencher une nouvelle procédure après le témoignage de la mère de cet enfant.
Quels sont les traitements et mesures de maîtrise acceptables dans la prise en charge d'un enfant autiste ? Le débat est au centre d'une polémique dans le Loir-et-Cher. Une famille conteste le classement sans suite par le parquet de Blois de son dossier pour maltraitance sur leur fils.Xavier, enfant autiste de 8 ans, était jusqu'à peu pris en charge à l'Institut médico-éducatif (IME) "Les basses fontaines", à Crouy-sur-Cosson (41). Mais sa mère remarque à plusieurs reprises des ecchymoses sur le corps de son fils. Jusqu'au mois de mars, où elle décide d'alerter les autorités.
L'IME les justifie par une nécessité de "contenance" lors des crises les plus aiguës. C'est-à-dire "une forme de maîtrise d’un tiers dans un contexte d’agitation de celui-ci", comme la définit l'Agence régionale de santé (ARS) Centre - Val de Loire.
"Préoccupation constante de bientraitance" pour l'ARS
Alertée par la famille, l'ARS diligente une enquête. L'équipe d'inspection ne note rien d'anormal dans les méthodes utilisées. "Le rapport d’inspection a permis de vérifier le professionnalisme et l’implication de l’équipe pluriprofessionnelle dans l’accompagnement des enfants et sa préoccupation constante de bientraitance", précise l'agence."L’inspection a par ailleurs mis en lumière l’importance pour la direction de l’établissement de formaliser les méthodes de prises en charge des jeunes autistes afin de pouvoir notamment informer et rassurer précisément les familles particulièrement sur la question de la contenance des résidents lorsqu’ils sont très agités", ajoute l'ARS Centre - Val de Loire.
Le classement sans suite contesté
Dans cette ligne, le parquet de Blois classe début août l'affaire sans suite. Au grand dam de la famille et de l'association Des rêves pour Xavier, qui veut rouvrir une nouvelle procédure et précise dans un communiqué que "la violence est injustifiable sur un enfant vulnérable de 8 ans, qui a été lourdement traumatisé. Impossible de laisser passer cela alors que l'enquête a identifié l'auteur".Xavier, quant à lui, a depuis trouvé une place dans un autre établissement.
Le reportage d'Alain-Georges Emonet et Benoît Bruère :