Violences conjugales : les victimes pourront porter plainte dans les hôpitaux d’Eure-et-Loir

Plusieurs mesures ont été ou vont être mises en place prochainement pour lutter contre les violences conjugales et intrafamiliales dans le Cher et en Eure-et-Loir. Parmi celles-ci, la possibilité pour les victimes de porter plainte directement à l’hôpital à Chartres, Dreux, Châteaudun ou Bonneval.
Photo d'illustration sur les femmes victimes de violences conjugales.
Photo d'illustration sur les femmes victimes de violences conjugales. © Alexas_Fotos / Pixabay

A partir de la rentrée, au plus tard de l’automne prochain, les personnes victimes de violences conjugales qui se rendront à l’hôpital pourront déposer plainte sur place. C’est en tout cas la volonté de la préfecture d’Eure-et-Loir et de l’agence régionale de santé du Centre-Val de Loire qui a rédigé une convention en ce sens

L’idée, c’est que la victime puisse faire tout au même endroit, et éviter ainsi qu'elle ne se décourage ou fasse volte-face, explique Caroline Bray, déléguée aux droits des femmes et à l’égalité auprès de la préfète d’Eure-et-Loir. Car pour le moment, “les soignants voient des personnes qui ne viennent pas déposer plainte après”, regrette-t-elle.

Les hôpitaux de Chartres, Dreux, Châteaudun et Bonneval sont concernés par cette convention, dont la mise en place a pu être accélérée par le Grenelle contre les violences conjugales selon la préfecture d’Eure-et-Loir.

Violences en zone rurale

Cette dernière a par ailleurs annoncé à la mi-juillet que les aides allouées aux violences intrafamiliales et à l’égalité s’élèvent en 2021 à 133.000 €, soit 45.000 € de plus qu’en 2020

Le budget a été augmenté pour pouvoir pérenniser ce qu’on a mis en place avec des subventions exceptionnelles l’an dernier, à la suite du déconfinement”, détaille Caroline Bray.

Les services de l’Etat et la justice ont en effet constaté que les confinements, et notamment le premier, ont entraîné une augmentation des violences conjugales dans le département, notamment en zone rurale.  

Bus, entretiens juridiques et ateliers collectifs

Parmi les actions exceptionnelles lancées en 2020 et pérennisées cette année, il y a donc :

- Le déploiement du bus des femmes en zone rurale : gérée par l’association le Bercail, il va à la rencontre des femmes victimes de leurs conjoints. “C’est un dispositif qui fonctionne très bien. Au départ, c’était une expérimentation en quartier, à Lucé et à Mainvilliers, retrace Caroline Bray. Maintenant il se déploie sur plusieurs communes, il passe tous les 15 jours à La Loupe, Brou, Brezolles, Anet." Pendant cet été, il passe surtout dans les quartiers de l’agglomération chartraine, comme le montre cette carte.

- Les permanences d’information juridique gratuite : dans les zones rurales où il n’a pas de permanence, le CIDFF (centre d’information sur les droits des femmes et des familles) veut offrir des entretiens juridiques gratuits en visioconférence dans les maisons France Services et de service au public. “Le CIDFF a commencé dans le Perche en septembre 2020, et il est en train de se déployer sur Anet, Châteauneuf-en-Thymerais, etc., précise Caroline Bray. L’idée, c’est de généraliser ce dispositif à toutes les maisons France Services à la rentrée.” Contrairement au bus des femmes, il est peu prisé, car sans doute peu connu. “Il y a des freins aussi propres au rural, car tout le monde se connaît, les victimes n’osent peut-être pas en parler”, analyse la déléguée aux droits des femmes, qui compte lancer une campagne de communication en septembre.

- Les ateliers collectifs de France Victimes : depuis l’an dernier, l’association “mène des accompagnements psychologiques en collectif via des ateliers d’écriture (en parallèle des accompagnements individuels) à Dreux et Chartres”, énumère Caroline Bray. 

Des bons taxis ont aussi été mis en place pour que les victimes de violences puissent être véhiculées gratuitement par une société de taxis vers leur lieu d’hébergement d’urgence”, souligne-t-elle.

864 violences intrafamiliales

Une cellule départementale de suivi des victimes de violences les plus en difficulté a par ailleurs été créée, afin de coordonner leur accompagnement. Une vingtaine de personnes seront ainsi épaulées en septembre. 

S’il est difficile d’avoir des chiffres exacts - on estime que 10 à 12 % des femmes battues portent plainte -, la police et la gendarmerie d’Eure-et-Loir avait recensé, en 2018, 864 violences intrafamiliales (c'est-à-dire psychique, physique, sexuelle ou économique exercée par une personne sur un membre de sa famille, homme, femme ou enfant).

Depuis le début de l’année, la police a par ailleurs procédé à 55 gardes à vue d'auteurs de violences conjugales.

 

Cher : opération “sac à baguette” contre les violences intrafamiliales

L’Eure-et-Loir n’est pas le seul département acteur dans la région. Dans le Cher, les gendarmes ont lancé une opération de sensibilisation sur toute la durée de l’été.

Il s’agit de sacs à baguettes en papier, avec indiqué dessus “Violences intrafamiliales - Tous concernés” et les numéros d’urgence à appeler.Les gendarmes en ont distribué 20.000 gratuitement aux boulangers du département entre Bourges, Vierzon et Saint-Amand-Montrond.

L'opération a été financée par la délégation régionale aux droits des femmes et à l’égalité, en partenariat avec la préfecture du Cher et la direction départementale de la protection des populations.

La gendarmerie du Cher distribue des sacs à baguettes contre les violences intrafamiliales.
La gendarmerie du Cher distribue des sacs à baguettes contre les violences intrafamiliales. © Céline Durchon / France Télévisions

 

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