Selon "Les Echos", le groupe déjà actionnaire de la SNCM, à travers sa filiale de transport public Veolia Transdev, s'est engagé à reprendre 66% de la compagnie, dès la finalisation de l'accord actionnarial avec la Caisse des Dépôts et Consignation (CDC) et Veolia Transdev (VTD) prévue cet été.
Ces 66 % seront repris pour un euro symbolique, soit précisément ce que le président du conseil de surveillance de la SNCM, Gérard Couturier, avait proposé il y a près d'un an à Paul Giacobbi, président du Conseil exécutif de la Corse. Une proposition que ce dernier avait qualifiée "d'inconvenante".
Avec les deux tiers du capital, Veolia devra consolider toute la dette de la SCNM, soit 76 Millions d'euros. "La moitié, soit 38 millions, y figurent déjà et vu la manière dont la SNCM sombre, Veolia a passé, dans son résultat opérationnel 2012, une première provision de 35 millions", précise le quotidien.
Malgré tout, pour le PDG de Veolia Environnement Antoine Frérot, pas question de renflouer la SNCM. L'Etat, actionnaire à 25 %, portera la responsabilité de la disparition de la compagnie si la Cour de justice des communautés européennes exige de la SNCM le remboursement de 40 à 50 millions d'aides publiques perçues avant sa privatisation en 2005.
Veolia Transdev était entré au capital en 2006 lors de la privatisation de la compagnie, avant de grimper à 66% en 2008 en rachetant la part de 38% du fonds Butler Capital Partners.
Pour le STC Marins, "c'est un non évenement". Il ne s'agit que d'une cession de part entre les deux fililales de Veolia: les 66% passent de Veolia Transdev à Veolia Environnement. La problématique reste la même pour le syndicat pour qui la compagnie doit avoir "une gouvernance locale", a déclaré le secrétaire national du STC Marins, Alain Mosconi.
En plein marasme financier (perte d'exploitation de 12 millions d'euros en 2011, pour un chiffre d'affaires stable à 285 millions), la SNCM est confrontée à une âpre concurrence de Corsica Ferries qui, avec ses navires battant pavillon italien, domine le transport de passagers entre le continent et la Corse
(60,6% de parts de marché au premier semestre 2012).
La SNCM emploie environ 2.000 personnes.