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Ligue 1- Derby corse, le devoir de mémoire a-t-il été bafoué ?

Stèle en mémoire de la catastrophe du 5 mai 1992 au Stade de Furiani / © FTViaStella
Stèle en mémoire de la catastrophe du 5 mai 1992 au Stade de Furiani / © FTViaStella

Samedi soir, dans un stade survolté où Bastia s'est imposé face à Ajaccio (1-0), le match a dégénéré. Le début de la rencontre a notamment été marqué par le comportement "infamants et injurieux" d'une poignée de supporters acéistes en référence à la tragédie du 5 Mai, rapportent des témoignages.

Par Grégoire Bézie

Mais que s'est-il passé ce samedi 3 mars à Bastia, où des incidents ont éclaté entre supporters du Sporting Club de Bastia et de l'AC Ajaccio ?

Le tout au terme d'un match lui-même conclu en pugilat entre les deux équipes, terni par cinq expulsions, et où sept personnes ont été légèrement blessées par des jets de projectiles, cinq supporters d'Ajaccio et deux de Bastia. 

Des slogans offensants sur la catastrophe du 5 mai

Quarante-huit heures après les faits, le comportement d'une poignée de supporters acéistes alimente une nouvelle polémique.

Une heure avant le coup d'envoi de la rencontre, des slogans injurieux "Bastia, ta tribune va tomber", référence à la catastrophe du 5 mai, sont lancés depuis la tribune qui accueillent les supporters de l'AC Ajaccio, selon les témoignages de plusieurs membres de la presse présents sur la pelouse.

Le 5 mai 1992, lors de la demi-finale de la Coupe de France, la tribune nord du Stade Armand Cesari s'était effondrée faisant 18 morts et plus de 2300 blessés. Depuis un collectif se bat pour que plus aucun match ne puisse se jouer un 5 mai, à la mémoire d'un drame qui marqua la Corse entière.

Didier Grassi, porte-parole du collectif du 5 mai, a indiqué avoir été témoin de ces agissements, alors qu'il se trouvait non loin de l'entrée des vestiaires. "Je n'en croyais pas mes oreilles", a raconté le journaliste correspondant radio de RMC.

"Je me suis rendu au pied de la tribune pour demander quelle tribune allait s'effondrer. J'ai rapporté les faits à Alain Orsoni (président de l'AC Ajaccio, ndrl), qui est allé sur place, puis est revenu pour me dire que l'incident était clos", a expliqué Didier Grassi.

Et pourtant, il semblerait que les faits se soient poursuivis pendant et après la rencontre. Une minorité de supporters ajacciens auraient été ainsi vus "décomptant le chiffre "Cinq" sur leurs mains", en référence à la date de la catastrophe,tout en mimant un effondrement, a rapporté un journaliste radio.

Des comportements, qui selon nos informations, seraient également établies par des images de vidéo surveillance enregistrées par les caméras de sécurité du stade.

Les membres du collectif du 5 mai ont indiqué tenir prochainement une réunion, pour décider des suites éventuelles à donner à ces débordements.

Bataille de communiqués​

Depuis les incidents, clubs et supporters se livrent à une bataille de communiqués pour se renvoyer la faute et dénoncer les propos tenus.

"Une fois rentrés dans le stade, les acéistes ont bafoué la mémoire de nos morts en chantant des slogans offensants sur la catastrophe du 5 mai", a ainsi rapporté dimanche dans un communiqué le club de supporters Bastia 1905, qui parle d'un "événement dépassant les limites d’une rivalité sportive". 

Les supporters de l'AC Ajaccio ont immédiatement réagi, dénonçant que de tels propos et agissements aient pu survenir dans la tribune où étaient réunis quelques 450 supporters acéistes.

Pour L'Orsi Ribelli, principal groupe de supporters ajacciens "dire que les supporters ajacciens ont tenu de pareils slogans est mensongé, particulièrement lamentable et ignoble".

"Nous réaffirmons notre solidarité avec le collectif du 5 mai et nous donnerons des suites judiciaires à de pareilles allégations", ont ajouté les représentants de l'Orsi Ribelli dans un communiqué.

Le président de l'AC Ajaccio, Alain Orsoni a pour sa part indiquer porter plainte contre X après que des affrontements entre supporters des deux clubs aient éclaté aux abords de l'enceinte sportive, avant et après le match.



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