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Tollé en Corse contre la “reculade” du gouvernement sur la charte des langues régionales

François Hollande en campagne en Corse, en mars 2012 / © PASCAL POCHARD-CASABIANCA/AFP
François Hollande en campagne en Corse, en mars 2012 / © PASCAL POCHARD-CASABIANCA/AFP

Les élus corses déplorent le reniement par François Hollande de sa promesse de campagne sur la ratification de la charte européenne des langues régionales qui ne figure pas dans la réforme de la constitution présentée la semaine dernière par le gouvernement.

Par Grégoire Bézie avec AFP

"Je déplore évidemment cette nouvelle", a déclaré Dominique Bucchini (Front de Gauche), président de l'Assemblée territoriale de Corse où des travaux sont en cours pour élaborer un projet de réforme incluant notamment une coofficialité du français et du corse nécessitant une révision constitutionnelle.

"Cette nouvelle est très grave", a renchéri Jean-Christophe Angelini de Femu A Corsica, qui voit là un "problème éthique de reniement d'une promesse publique et répétée de la part du président" de la République.

L'élu autonomiste s'inquiète, plus généralement, d'une "succession de mauvais signaux envoyés de la part de Paris", la non-ratification de la charte intervenant après la suppression de l'arrêté Miot qui a mis fin, en décembre, à l'exonération sur la transmission des biens immobiliers dans l'île.
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Tollé en Corse contre la "reculade" du gouvernement sur la charte des langues régionales
Jean Biancucci, élu naitonaliste; Laurent Marcangeli, député UMP d'Ajaccio; Paul Giacobbi, député PRG de Haute-Corse, président du conseil exécutif; Jean-Guy Talamoni, conseiller territorial Corsica Libera

Un autre élu autonomiste, Jean Biancucci, a fustigé une "attitude de refus de revendications qui sont légitimes". "Dans l'histoire de notre pays, à chaque fois qu'il y a eu des blocages, on s'est retrouvé dans des situations très graves", a-t-il souligné sur France 3 Corse ViaStella.

Un risque de "raidissement des relations" avec l'Etat a aussi été pointé du doigt par le leader historique du nationalisme corse, Edmond Simeoni, pour qui le choix de l'exécutif relève "de la provocation ou de l'inconscience dans le climat actuel". Selon lui, "il y a un risque de pourrissement avancé" des relations entre l'île et la capitale.

Du coté des indépendantistes, Jean-Guy Talamoni de Corsica Libera a déclaré au quotidien Corse-Matin qu'il fallait "poursuivre dans la demande de statut d'officialité de la langue corse".

Le président du Conseil exécutif, Paul Giacobbi (PRG), a enfin laissé entendre qu'il y aurait toujours "le temps de demander ou proposer des amendements" si l'Assemblée de Corse se mettait d'accord à une "très large majorité", un scénario jugé peu crédible par le député UMP de Corse-du-Sud Laurent Marcangeli.

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