Edmond Simeoni dénonce le “racisme” anti-corse de Manuel Valls

Edmond Simeoni lors d'un discours à Corté en 2011 / © PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP
Edmond Simeoni lors d'un discours à Corté en 2011 / © PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP

Edmond Simeoni, figure historique du nationalisme, a accusé mercredi 22 mai Manuel Valls de "racisme" anti-corse, le ministre ayant notamment déclaré que "la violence est culturellement enracinée dans l'île".

Par Pierre-Olivier Casabianca


Dans une tribune intitulée "Valls: racisme d'Etat" diffusée sur son site et reprise dans les médias insulaires, Edmond Simeoni a dénoncé la "réponse violente, sectaire, sommaire, raciste" de Manuel Valls, mardi 21 mai à l'Assemblée nationale, au député UMP de Corse-du-Sud, Laurent Marcangeli.

L'élu lui avait demandé s'il maintenait ses affirmations sur le caractère "culturel" de la violence en Corse. "M. Valls est disqualifié pour choisir ou, a fortiori, imposer le destin de la Corse. Il ne peut pas être au centre de la résolution de la question corse", a ajouté Edmond Simeoni. 

"M. le Président de la République, vous avez nommé un ministre de l'Intérieur qui, en Corse, ensemence, avec constance, dureté et une grande inconscience, la radicalisation insulaire et le rejet de la France" a écrit Edmond Simeoni.

"L'île aspire à la paix, à la démocratie, à la tolérance, à la fraternité entre les peuples, au développement équitable."


Rappelant que "le racisme anti-corse est une constante de la vie politique en France", Edmond Simeoni a souligné que "l'exemple vient d'en haut et est contagieux parce que Manuel Valls incrimine tous les Corses avec une fumeuse "omertà", avec l'inclusion de la violence dans la culture corse, avec des choix politiques contestables - refus méprisant de toute réforme profonde que la Corse attend -, avec des attitudes où l'intolérance le dispute au rejet".

"La France est un pays où règnent la corruption, les atteintes aux droits de l'Homme, notamment dans la Justice et un régime scandaleux dans les prisons, les violences, le trafic de drogue, générateur de règlements de comptes qui s'étalent quotidiennement à la une des journaux", a souligné Edmond Simeoni.
Il a toutefois appelé les insulaires à la "mesure" et au "dialogue" car "tous les peuples ont leurs problèmes, leurs difficultés, leurs héros, leurs traîtres,
les pages sombres de leur histoire nationale
".

Médecin, ancien élu à l'Assemblée de Corse et auteur de divers ouvrages, Edmond Simeoni, 78 ans, fut l'initiateur du renouveau patriotique corse dans les années 1970 en dénonçant notamment la spéculation foncière pratiquée par les banques et des malversations dans l'agriculture.

"Inquiétude" de FO Police après les déclarations de Valls sur la Corse

Le syndicat Unité SGP Police-Force ouvrière de Corse-du-Sud a exprimé mercredi 22 mai son "inquiétude" face aux déclarations du ministre de l'Intérieur,
Manuel Valls, sur la Corse, notamment ses appels aux insulaires à collaborer avec les forces de sécurité.
"Alors que pour des raisons uniquement budgétaires, il n'y a aucune mesure de protection des témoins en vigueur dans notre pays, Monsieur le ministre persévère à demander à des gens désarmés de monter en première ligne contre la mafia", a déploré le secrétaire départemental d'Unité SGPP-FO, Raphaël Vallet dans un communiqué.

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