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Sanglante pression sur le marché immobilier en Corse

18/09/13 - Patrice Madelaine, promoteur immobilier, a été tué à Ajaccio devant son immeuble en construction / © FOURNIL/MAXPPP
18/09/13 - Patrice Madelaine, promoteur immobilier, a été tué à Ajaccio devant son immeuble en construction / © FOURNIL/MAXPPP

Au lendemain de l'assassinat de Patrice Madelaine, ce promoteur immobilier de 50 ans tué par balles le 18 septembre sur le chantier d'une résidence de luxe à Ajaccio, la justice enquête sur les activités et les relations de l'entrepreneur dans un secteur régulièrement ensanglanté en Corse.

Par Grégoire Bézie avec AFP

L'immobilier, un secteur investi par le grand bandistisme

Patrice Madelaine, qui dirigeait un important groupe immobilier basé en Corse, a été tué mercredi par un homme qui s'est enfui à bord d'un véhicule utilitaire à bord duquel l'attendait un complice, devenant la 17e victime d'un homicide en Corse depuis janvier.

Cela faisait une dizaine d'année que ce chef d'entreprise parisien travaillait en Corse. Ce nouveau crime montre une nouvelle fois les tensions auxquelles est confronté le secteur de l'immobilier. Un secteur investi par le grand bandistisme.

Patrice Madelaine avait notamment été associé dans un gros projet immobilier sur la côte orientale de la Corse à un entrepreneur du bâtiment, Charles-Philippe Paoli, lui-même assassiné en juin 2011 à Folelli (Haute-Corse).

Avec le tourisme et le milieu de la nuit, l'immobilier est, selon le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, la toile de fond de la criminalité organisée en Corse où quelque 20% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté.

Alors que l'île n'est peuplée que de 320.000 habitants, bien que connaissant une forte croissance démographique puisque 4.000 à 5.000 personnes souvent à haut pouvoir d'achat s'y installent chaque année, une vingtaine d'homicides y sont commis dans le même temps.

La Corse a ainsi accédé au rang, selon le gouvernement, de région parmi les plus criminogènes d'Europe.
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Assassinat de Patrice Madelaine, le point sur l'enquête
Manuel Valls, ministre de l'Intérieur, à Ajaccio,15 novembre 2012

Peu d'affaires élucidées

En visite dans l'île, à l'automne 2012, au lendemain d'assassinats de personnalités telles que l'ancien bâtonnier de l'ordre des avocats, Antoine Sollacaro, et le président de la Chambre de Commerce et d'Industrie, Jacques Nacer, M. Valls avait, pour la première fois, dénoncé la mainmise "d'organisations mafieuses" en Corse.

Le gouvernement avait alors annoncé un train de mesures pour juguler l'activité de celles-ci et lutter notamment contre le blanchiment d'argent sale et les investissements douteux.

Ces mesures n'ont pas ralenti le rythme des assassinats. Le promoteur Madelaine est la 17e victime d'un homicide depuis le début de l'année dans l'île, généralement dans le cadre de règlements de comptes.

La plupart de ces affaires, non élucidées, sont confiées à la Juridiction interrégionale spécialisée (Jirs, chargée des dossiers de criminalité organisée) de Marseille.

Quatorze autres personnes ont été victimes de tentatives d'homicides en Corse depuis le début de l'année. La dernière a eu lieu jeudi dernier en plein centre d'Ajaccio en début de soirée, à une heure de grande affluence.

Le gérant et un employé d'un restaurant, ainsi qu'un consommateur, ont été blessés par balles par un homme descendu d'une puissante moto conduite par un complice pour tirer avec une arme de poing au milieu des touristes. Le commando a ensuite pu s'enfuir sans être inquiété.

En 2012, il y avait eu sur l'Ile 16 tentatives d'homicide et 19 homicides, généralement dans des règlements de comptes.

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