Conseil de surveillance à haut-risque ce lundi après-midi à Paris

Jean-Marc Janaillac, PDG de Transdev, l'homme qui veut dévorer la SNCM... / © FTViastella
Jean-Marc Janaillac, PDG de Transdev, l'homme qui veut dévorer la SNCM... / © FTViastella

L'actionnaire principal Veolia-Transdev veut reprendre le contrôle de la compagnie en changeant la direction. Transdev veut mener l'entreprise devant le Tribunal de Commerce : 1 500 emplois sont en jeu. L'opération ne peut se faire sans l'accord de l'Etat. Le conseil débute à 14 h 30.

Par Jean Crozier

"Transdev demande la révocation du président du conseil de surveillance  de la SNCM, Gérard Couturier, en vue de destituer Marc Dufour" révèlait le 11 avril l'hebdomadaire de l'économie maritime Le Marin. Jérôme Nanty, actuel secrétaire général de Transdev, serait le candidat choisi par Transdev.
SNCM: Transdev veut faire le vide
Les explications par Alain Verdi

 

"A l’ordre du jour du conseil de surveillance de la SNCM du lundi 14 avril, une bombe -révèle en exclusivité le journal en ligne lemarin.fr ce 10 avril. Le 7e des 8 points soumis au vote des administrateurs prévoit « l’autorisation donnée au directoire de convoquer une assemblée générale » pour examiner« la révocation de M. Gérard Couturier de son mandat de membre du conseil de surveillance de la société » et « la nomination de M. Claude Arnaud en qualité de nouveau membre du conseil de surveillance de la société ». En clair : Transdev, actionnaire majoritaire de la SNCM, veut révoquer Gérard Couturier, allié objectif du président du directoire Marc Dufour et, surtout, le seul à avoir le pouvoir de démettre de ses fonctions le patron opérationnel de la SNCM. Marc Dufour, c’est l’homme du plan à long terme dont Jean-Marc Janaillac, PDG de Transdev, a redit le 9 avril qu’il ne croyait pas".


Le scénario bloqué par les municipales entre donc en action -souligne l'hebdomadaire de l'économie maritime.

"Une fois Gérard Couturier et donc Marc Dufour, hostile au placement de la SNCM en procédure collective, débarqués, Transdev aura toute latitude pour amener la SNCM devant le tribunal de commerce malgré les promesses (ambigües néanmoins) de Jean-Marc Janaillac dans son courrier du 30 mars qui a mis fin à la grève. La commande de navires, pour laquelle on attend toujours le plan de financement concocté par l’Etat qui ne sera pas à l’ordre du jour du 14 avril, tomberait à l’eau dans la foulée.

Reste une question centrale d’ici lundi : comment vont se positionner les trois administrateurs de l’Etat au conseil de surveillance. Voteront-ils pour la convocation d’une assemblée générale ?"


L'homme de Veolia n'est pas au courant et Transdev change de candidat

Interrogé par Le Marin, Claude Arnaud, un homme de Veolia où il a fait toute sa carrière en dirigeant notamment la région Méditerranée de la branche transport (devenue Transdev), indique étonnamment « ne pas être au courant » et « ne pas être concerné ».

Affirmant : « Je ne serai pas président de la SNCM. »

Dans l’après-midi du 11 avril , à la suite de l’article du Marin, un nouvel ordre du jour était diffusé. Exit Claude Arnaud, remplacé comme candidat par Jérôme Nanty, secrétaire général de Transdev mais aussi, ironie de l'histoire, cadre détaché de la Caisse des dépôts et consignation dont les actionnaires salariés réclament depuis des mois la présence au conseil.
Jérôme Nanty, secrétaire général du groupe Transdev / © Transdev - Source http://www.transdev.com/fr/un-groupe-responsable/gouvernance/
Jérôme Nanty, secrétaire général du groupe Transdev / © Transdev - Source http://www.transdev.com/fr/un-groupe-responsable/gouvernance/

Voir la place de Jérôme Nanty dans l'organigramme de Transdev dans les pages "gouvernance" du site officiel du groupe.

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