Le conseil de surveillance de la SNCM refuse la convocation d'une AG, Transdev va saisir la justice

" SNCM Le président du conseil de surveillance, Gérard Couturier et le président du directoire, Marc Dufour, à Paris, le 14 avril 2014 (801251)" / © FTViastella
" SNCM Le président du conseil de surveillance, Gérard Couturier et le président du directoire, Marc Dufour, à Paris, le 14 avril 2014 (801251)" / © FTViastella

Le conseil de surveillance de la SNCM a refusé lundi 14 avril  la convocation d'une assemblée générale souhaitée par l'actionnaire majoritaire Transdev pour évincer la direction actuelle.

Par Jean Crozier

Le PDG de Transdev Jean-Marc Janaillac a par conséquent annoncé, lundi soir,  dans un communiqué, qu'il allait "saisir le président du tribunal de commerce afin d'obtenir la convocation d'une AG", dans le but de révoquer le président du conseil, Gérard Couturier, représentant de Transdev, mais "allié objectif" du président du directoire, Marc Dufour, selon un syndicaliste.
SNCM : Transdev ne lâche rien
Gérard Couturier Pdt du Conseil de surveillance SNCM Jean-Marc Janaillac Pdt de TRANSDEV - 9 Avril 2014 Frédéric Alpozzo Secretaire des marins C.G.T. Reportage : Alain Verdi

Le groupe de transport (66% du capital de la SNCM, 7 sièges) souhaite, ainsi, reprendre la main au sein du conseil de surveillance, où il peut aujourd'hui être mis en minorité par les représentants des employés et des actionnaires salariés (9%, 4 sièges) et l'État (25%, 3 sièges).

"Le refus du conseil de surveillance d'autoriser la convocation de cette assemblée générale illustre une nouvelle fois le caractère totalement anormal de la gouvernance de la compagnie", estime Transdev.

Lors du conseil qui se déroulait lundi après-midi à Paris, les quatre représentants de la SNCM ont voté contre ce point de l'ordre du jour, tandis que l'Etat et M. Couturier se sont abstenus, a précisé à l'AFP une source syndicale.

"Cette démarche vise à revenir à une situation de gouvernance normale, qui permette à Transdev d'exercer ses droits en tant qu'actionnaire majoritaire au sein du conseil de surveillance et ne pas être entraîné contre sa volonté dans une stratégie sans issue pour la SNCM elle-même et de nature à compromettre le redressement de Transdev et l'avenir de ses 86.000 salariés", assure le groupe, hostile au plan de redressement engagé par la direction actuelle.

"L'objectif de Transdev sera ensuite de tout mettre en oeuvre afin de rechercher, avec les autres actionnaires et toutes les parties prenantes, une solution d'avenir réaliste pour la SNCM, dans l'intérêt de ses salariés et de ses clients", ajoute-t-il.


L'hostilité de l'actionnaire Transdev

"La tentative d'AG pour débarquer le président du conseil a avorté", s'est félicité la CFE-CGC dans une déclaration transmise à l'AFP.


"Cette nouvelle difficulté pour les actionnaires défaillants doit permettre à l'Etat d'affirmer ses engagements.

Plus que jamais l'Etat doit traiter la question de l'actionnariat de la SNCM", affirme le syndicat de l'encadrement.

"Il existe un avenir pour la SNCM. Il est clair que ce ne sera pas avec Trandev", poursuit-il, dénonçant une "hostilité qui a porté un préjudice considérable à la compagnie en pleine période de réservation".

Pour Jean-Claude Gaudin, la Caisse des Dépôts doit intervenir directement

Dans un courrier adressé le 11 avril au Premier ministre, le sénateur-maire UMP de Marseille, Jean-Claude Gaudin, prend la défense de la direction de la SNCM et appelle Manuel Valls à se "saisir de ce dossier qui, depuis trop de mois, souffre de l'indécision dans les plus hautes sphères de l'Etat".

"Il importe que l'Etat (...) demande à la CDC d'intervenir directement, et non via Transdev, dans le capital de la SNCM, rendant de ce fait Veolia minoritaire
à hauteur de 33%", poursuit M. Gaudin, craignant en cas de scénario catastrophe "une réaction sociale très violente" et "un blocage total du port de Marseille" au début de la saison touristique.
 

 

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