Ajaccio : le conflit social perdure à l’Insee de Corse

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Écrit par A. Stromboni

Mercredi 13 avril, le STC a organisé une nouvelle conférence de presse devant les locaux de l’Insee à Ajaccio. Le syndicat nationaliste "alerte sur l’accumulation de dysfonctionnements et de conflits avec la direction".

Deux semaines après avoir convié une première fois les médias, le STC a de nouveau organisé une conférence de presse devant les bureaux de l’Insee à Ajaccio.

Réunie ce mercredi matin à l’appel du syndicat nationaliste, une quinzaine de personnes ont voulu "alerter sur l’accumulation de dysfonctionnements, de conflits avec la direction ainsi que d’un climat dégradé depuis la dernière conférence de presse". Pour le STC, "la confiance et le dialogue social sont rompus".

Le 31 mars dernier, l’intersyndicale STC-CFDT-CGT avait déjà évoqué le "burn-out ayant débouché sur des arrêts maladie et 3 déclarations d’accident du travail pour motif psychologique en moins de deux ans, liés à des difficultés relationnelles et professionnelles". 

Le cas d’un agent insulaire ayant passé un concours interne et étant parti faire l’école nationale de formation des statisticiens publics sur le Continent était déjà au cœur des revendications il y a deux semaines. "Nous demandons à ce qu’il puisse rentrer chez lui à l’issue des deux ans de formation et être affecté en Corse pour rapprochement de conjoint", a rappelé ce mercredi le STC qui était cette fois l’unique syndicat à s’exprimer.

"Lignes directrices"

"L’Insee est une structure d’État et il y a des règles de la fonction publique d’État, explique Jean Brignole, secrétaire général du STC. Un salarié qui a réussi un concours interne et est parti se former pour être encadrant de catégorie A ne peut pas revenir chez lui alors qu’il y a aujourd’hui des opportunités de comblement ici."

Interrogée le 31 mars dernier par nos confrères de Corse Net Infos, la directrice régionale de l’Insee, Véronique Daudin, avait déclaré : "Une campagne de mobilité des cadres A est en cours. C’est l’Insee national qui a fixé les lignes directrices des zones de mobilité. Mais le poste ouvert est de niveau supérieur à un élève sortant d’école. Avant de se sédentariser en Corse, la personne devra assurer plusieurs postes sur le continent." 

"On nous oppose la sacro-sainte règle de la fonction publique alors qu’on sait pertinemment que lorsqu’on a envie et besoin de régler des problèmes de recrutement, on ne regarde pas, rétorque Jean Brignole. On ne demande pas de passe-droit. Il s’agit d’une personne qui a presque 40 ans, qui a déjà fait une carrière ici à l’Insee et qui a vocation aujourd’hui à revenir en Corse pour rapprochement de conjoint. Les règles de Paris existent mais les dérogations aussi. Il y a aussi l’appréciation des besoins de l’Insee en Corse. Il y a des gens dans cet établissement qui ont eu droit à un régime de faveur. Si on le fait pour une personne pour régler une situation individuelle, on peut le faire pour une autre qui a fait l’effort de partir se former en laissant sa famille ici et son conjoint pendant deux ans. Aujourd’hui, on nous oppose une fin de non-recevoir. Peut-être que cela est dû à sa proximité avec le STC, ce qui serait la pire des choses. On dit clairement que l’on n’acceptera pas ça."

"Discrimination syndicale"

En plus "d’exiger de la considération pour les enquêtrices et les enquêteurs de l’Insee", le syndicat pointe également "une discrimination syndicale" .

"À la suite de la conférence de presse du 31 mars, la direction de l’Insee a enlevé un certain nombre de ses prérogatives à notre déléguée syndicale, souligne Jean Brignole. On ne sait pas pourquoi. Nous demandons que la déléguée syndicale et que l’élue du personnel qui a été mise en arrêt maladie d’office contre son gré, soit disant pour la protéger au même moment d’un conflit social avec la directrice, ne soient plus exclues de toute discussion avec la direction. Ce type de gestion est inacceptable." 

En conclusion de son communiqué, la section Insee du STC demande que "ces manœuvres dilatoires cessent, que le droit syndical soit respecté et le départ de la direction".

Contactée ce mercredi, la direction régionale de l’Insee nous a indiqué "être en période de réserve en raison de l’élection présidentielle" et a déclaré : "Toutes les dispositions sont mises en oeuvre avec notre CHSCT ministériel local et la direction générale de l’Insee dans le cadre des actions de prévention pour apporter notre soutien aux agents qui sont en difficulté aujourd’hui."

Pas d'intersyndicale ce mercredi

Selon les agents STC présents devant les locaux de l’Insee, ces "dysfonctionnements durent depuis près d’un an et se sont accentués depuis octobre". "On n’a pas pu discuter avec la directrice depuis la première conférence de presse." 

Ce qui n'est pas le cas de la CGT qui a eu mardi dernier une réunion avec la directrice régionale et la directrice nationale par intérim.

"Nous avons obtenu plusieurs avancées, dont la création d'un poste supplémentaire dans l'équipe en difficulté où plusieurs burn-out ont eu lieu", précise Antoine Luciani de la CGT Insee.

À l'inverse de la première conférence de presse du 31 mars, la CGT (tout comme la CFDT) n'était cette fois pas représentée ce mercredi.

"D'une part, le STC (qui ne participe plus au dialogue social) nous a informés tardivement de l'organisation de cette conférence, explique Antoine Luciani. De plus, suite aux avancées obtenues, la majorité des collègues semble souhaiter un apaisement de la situation. C'est pourquoi cette conférence était propre au STC, alors que le mouvement est intersyndical depuis le début. Nous restons bien sûr vigilants à ce que les décisions d'affectation visent l'intérêt des agents et de l'établissement, et restons solidaires de nos collègues en difficulté ou en conflit."

Rencontre prévue le 21 avril

Ce mercredi, les représentants du STC ont quant à eux réitéré leur demande de rencontre afin d'être reçus dans la journée par la direction. En vain.

"La directrice a refusé de nous recevoir, explique l’un d’eux. Elle a même fait désactiver les badges des agents pour les empêcher de rentrer dans l’établissement. Elle a prétexté avoir trop de travail et nous a proposé un rendez-vous pour le 21 avril à 10 heures."

"Notre intérêt à tous est de trouver un terrain d’entente."

Jean Brignole, secrétaire général du STC

Quant aux formes que pourraient prendre d'éventuelles futures actions syndicales, "la panoplie est immense", confie Jean Brignole. Et d’ajouter : "Aujourd’hui, on fait une conférence de presse. Demain, si on est déterminé, on ira plus loin. Après, notre intérêt à tous est de trouver un terrain d’entente. Est-ce que la direction est prête à cela ? Nous, nous le sommes parce qu’on sait que cela va dans le bon sens pour tout le monde."

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