Attellu mubilità, des garagistes qui roulent pour les autres

Publié le Mis à jour le
Écrit par Ibrahim Benaïssa

Direction la Corse à Calvi dans la région de la Balagne, où Philippe Andréani et sa femme Marie-Florence Dabrin ont créé l’association Corse Mobilité Solidaire. Un garage utile pour apporter des solutions à la précarité, et aux grandes difficultés de mobilité dans la région.

La Corse, on n’y a d’abord jamais mis les pieds. Alors quand on arrive, on se regarde un peu et on se demande à quelle sauce on va être mangés. Il paraît que c’est toujours comme ça quand on ne connaît pas. «On dit que les corses ne sont pas accueillants ou que c’est trop dangereux. C’est comme partout, faut venir voir.»

Nous dit Philippe Andréani. J’ai déjà entendu ça quelque part. La Corse, c’est comme les quartiers populaires, il faut qu’ils donnent deux fois plus de sourires pour qu’on les croit, on en dit souvent du mal mais pas grand monde ne vient vérifier. Montrer et faire voir, c’est pour ça que l’on fait QuartiersPop.

Pas d’autoroutes, et un seul train

«On a eu l’idée de faire ce garage solidaire parce qu’il y a beaucoup de difficultés à se déplacer ici.»

En 2015, Phillipe quitte son emploi de mécanicien dans une entreprise de travaux publics, et décide de monter une association qui permettra d’aider les gens à mieux se déplacer. Il vend des voitures retapées, propose des réparations, loue des espaces à ceux qui ont besoin d’entretenir leur véhicule, et tout

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Direction la Corse à Calvi dans la région de la Balagne, où Philippe Andréani et sa femme Marie-Florence Dabrin ont créé l’association Corse Mobilité Solidaire. Un garage utile pour apporter des solutions à la précarité, et aux grandes difficultés de mobilité dans la région. ©FTV

ça évidemment bien en dessous du prix du marché.

«Franchement , si une structure comme la nôtre n’existait pas sur le territoire de la Balagne, il y aurait encore beaucoup de gens qui seraient en galère.» Parce que la Corse et les déplacements véhiculés, c’est quand même une histoire particulière.

Il n’y a pas d’autoroutes ici, donc il y a d’abord un peu le risque du mal de voiture. Les estomacs sont parfois secoués par les routes en épingles à cheveux qui traversent toute l’île, les transports en commun sont encore très rares, et il n’y a qu’un seul train qui traverse la Région.

«Ici, sans voiture, c’est une vraie galère.»

«Il n’y a pas suffisamment de moyens de se déplacer, continue Philippe. Faut voir dans les campagnes là-haut comment c’est compliqué de sortir sans moyen de transport.»

L’île de beauté à l’inconvénient de sa qualité. Sauvage et végétale, elle est encore épargnée par les flux mécaniques des régions surpeuplées. On n’y trouve peu d’infrastructures. A Calvi, on peut voir de loin les petits villages séparés chaque fois par une vingtaine de kilomètres d’espaces verts.

«Ici, si on n’a pas un véhicule pour se déplacer c’est une vraie galère, le moindre trajet c’est 10 à 20 kilomètres. C’est pour ça aussi qu’on a eu l’idée de louer aux personnes qui adhèrent à l’association des véhicules de dépannage à très bas prix.»

Insertion, soleil et mécanique

Ce garage accueille aussi des employés en chantier d’insertion, ce qui permet à des personnes éloignées de l’emploi de reprendre une activité professionnelle. Christophe vient de Savoie, arrivé en Corse il y a quelques années «pour se relancer», il a proposé ses services à Philippe qui n’a pas hésité longtemps avant de l’engager.

« J’étais mécanicien avant dans une grande boite privée, nous raconte-t-il. J’ai fait d’autres trucs après. J’avais des projets qui n’ont pas tout à fait marché, du coup je me suis dit que quitte à chercher du boulot, autant le faire au soleil, dit-il en riant. J’ai ma sœur qui vit ici, du coup je suis venu chez elle. Tu sais, ça faisait 7 ans que j’avais pas travaillé, là ça ne fait qu’une semaine que je suis ici, mais ça me permet déjà de sortir un peu la tête de l’eau. J’aimerais bien refaire ma vie

La tôle ça s’abîme, les vies aussi. Chez Philippe, il y a plein de gens qui viennent parce qu’ils ne peuvent pas trop bouger. Refaire des vies en retapant des capots, des moteurs et d’autres choses. Ici à Calvi, peut-être plus qu’ailleurs en France, pour voyager loin, mieux vaut avoir une voiture. 

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