Biodiversité : l'originalité de la flore corse détaillée dans un atlas biogéographique

Un ouvrage inédit. L'Atlas biogéographique de la flore corse présente une sélection de 573 espèces de plante évoluant dans l'île. Un moyen de monter la richesse du patrimoine naturel insulaire tout en mettant en valeur ses spécificités. 
L'Erigeron Paolii, une des 132 espèces endémiques présentées dans L'Atlas biogéographique de la flore corse.
L'Erigeron Paolii, une des 132 espèces endémiques présentées dans L'Atlas biogéographique de la flore corse. © Atlas biogéographique de la flore corse / Editions Albiana
Montrer que la Corse est un "carrefour floristique". C'est le but de l'atlas biogéographique de la flore corse publié par le conservatoire botanique national de Corse (CBNC).

Pour sa rédaction, 400.000 données ont été analysées par 400 observateurs professionnels ou amateurs. "Nous avons d'abord fait un travail bibliographique puis un travail de terrain pour voir si ces plantes étaient toujours là où elles avaient été décrites", explique Laetitia Hugot, directrice de conservatoire botanique national de Corse. 

Sur les 2.400 espèces que compte l'île, 573 ont été sélectionnées. "Nous tenions à montrer l'originalité de la répartition des plantes en Corse. Par exemple, certaines espèces communes sur le continent européen y sont très rares, et d'autres, notamment présentes en Afrique du Nord, trouvent leur limite dans l'île", détaille Laetitia Hugot.
La viola corsica, est une espèce endémique de violettes uniquement présente dans le cap corse.
La viola corsica, est une espèce endémique de violettes uniquement présente dans le cap corse. © Atlas biogéographique de la flore corse / Editions Albiana
L'Helleborus argutifolius est une espèce endémique très commune dans toute la Corse.
L'Helleborus argutifolius est une espèce endémique très commune dans toute la Corse. © Atlas biogéographique de la flore corse / Editions Albiana
L'Acis Longifolia est une espèce endémique corse essentiellement présente sur le versant ouest de l'île.
L'Acis Longifolia est une espèce endémique corse essentiellement présente sur le versant ouest de l'île. © Atlas biogéographique de la flore corse / Editions Albiana
La centranthus trinervis est une espèce endémique extrêmement localisée. Une seule station comprenant 100 à 145 individus a été enregistrée sur les falaises granitiques d'A Trinita di Bonifaziu.
La centranthus trinervis est une espèce endémique extrêmement localisée. Une seule station comprenant 100 à 145 individus a été enregistrée sur les falaises granitiques d'A Trinita di Bonifaziu. © Atlas biogéographique de la flore corse / Editions Albiana
Chaque fiche est accompagnée d'une carte sur laquelle sont placés des points rouges matérialisant la présence de la plante choisie. "Il y a un index par commune qui permet à tout un chacun d'aller voir ce qui se trouve autour de lui", précise Laetitia Hugot. 

Certaines cartes ne présentent que de rares points rouges. L'Erigeron Paolii, espèce endémique à l'île, n'en comptabilise que sept. "Elle n'a été observée que dans le massif du Cintu, du Capu Biancu à la Paglia Orba", note la directrice du CBNC. 
La fiche de présentation de l'Erigeron Paolii tirée de L'Atlas biogéographique de la flore corse.
La fiche de présentation de l'Erigeron Paolii tirée de L'Atlas biogéographique de la flore corse. © Atlas biogéographique de la flore corse / Editions Albiana
Si l'espèce est assez rare, et répartie sur une aire relativement restreinte, elle occupe la majorité de l'espace qui lui est favorable. En tout, 132 plantes sont spécifiques à la Corse. 

Hotspot de biodiversité

De par sa position géographique, l'île est au centre du "hotspot" de biodiversité – zone biogéographique, terrestre ou marine, possédant une grande richesse de biodiversité particulièrement menacée par l'activité humaine - du bassin méditerranéen. "La Corse, grâce à ses caractéristiques, notamment géologiques, est elle-même un hotspot de biodiversité", complète Laetitia Hugot. 

Comme dans de nombreuses autres régions, la biodiversité insulaire n'échappe pas aux menaces. La principale : "l'urbanisation des zones littorales et arrières littorales qui impacte certaines espèces fréquentes." Quant aux plantes "extrêmement rares", pour lesquelles certaines interrogations pourraient se poser, leur emplacement géographique, souvent dans des zones protégées ou difficiles d'accès, leur garantit la survie.
 
Depuis la publication de L'Atlas biographique de la flore corse, les équipes du CBNC continuent à recevoir des photos d'amateurs curieux de connaître leur environnement. Une satisfaction pour sa directrice qui appelle les observateurs à faire remonter toutes leurs constatations de terrain. 


 
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