Corse : l'année politique marquée par de nombreux rebondissements

En politique, l'année 2019 restera comme celle des scissions et des tensions, notamment entre l'Etat et la Collectivité de Corse.
L'hémicycle de l'assemblée de Corse.
L'hémicycle de l'assemblée de Corse. © Pascal Pochard-Casabianca / AFP
Le 27 mars dernier, la préfète de Corse, Josiane Chevalier, renoue avec une vieille tradition : le bilan de l'action de l'état devant l'assemblée de Corse. Mais les élus nationalistes politisent les débats et rapidement, les échangent tournent à l'affrontement. Le président de la République, Emmanuel Macron, quant à lui l'a acté, il ne viendra pas à l'assemblée de Corse. 

Le dialogue, semble totalement rompu, et encore plus quelques jours plus tard lors de la venue sur l'île d'Emmanuel Macron. Malgré un ultimatum  posé par la majorité territoriale, Gilles Simeoni ne rencontrera pas le président de la République. 

   

Des relations dans l'impasse 


"Il y a un problème politique de fond, le président de la République a déclaré publiquement qu'il était désireux d'ouvrir un dialogue historique avec la Corse. Nous avons réaffirmé que nous sommes volontaires pour ce dialogue. Malheureusement les conditions ne sont pas créées par le chef de l'Etat", expliquait Gilles Simeoni sur le plateau du Corsica Sera en avril dernier. 

 

Gilles Simeoni ajoute, "Au-delà de ce débat, il n’y a pas chez le président de la République, la volonté ou la conscience qu’il faut se situer à la hauteur d’enjeux qui pour nous sont historiques".

Des revendications historiques co-officialité de la langue corse statut de résident révision constitutionnelle également portées dans la rue. Pendant la visite d'Emmanuel Macron à l'occasion du grand débat, une opération "Isula Morta" est lancée par la majorité, sans grand succès.
 

Au printemps les ministres Edouard Philippe Jacqueline Gourault Agnès Buzyn Didier Guillaume et Elisabeth Borne se rendent sur l'île à leur tour mais le politique est souvent relégué au second plan. En cette fin d'année, les relations entre Etat et nationalistes semblent toujours dans l'impasse.
 

Une fissure au sein de la coalition "Pè a Corsica


Mais 2019 c'est aussi l'année ou la coalition "Pè a Corsica" se fissure. Tout d'abord avec la création d'un groupe PNC à l'assemblée de Corse, se détachant ainsi de son partenaire historique et naturel "Femu a Corsica".

Des tensions qui resurgissent l'été venu à l'occasion d'un meeting organisé par "Femu a Corsica" à Bastia. A ce moment-là, plus que jamais, l'axe "Pè a Corsica" est remis en question.  La volonté de "Femu a Corsica" de prendre le large se fait de plus en plus claire.

 

Querelle d'égaux ou véritable calcule politique, le clan nationaliste semble en tout cas déchiré en cette fin d'année avec désormais trois groupes à l'assemblée de Corse, et des listes qui se multiplient à l'approche des municipales.
 

L'échéance électorale


Enfin 2019 aura tout de même compté une échéance électorale, celle des européennes. Une échéance à la faible participation, mais qui aura permis au nationaliste François Alfonsi, de retrouver les bancs du parlement européen en se plaçant sur la liste de l'écologiste Yannick Jadot.

 

Place maintenant aux municipales qui verront de nouvelles forces émerger. Ce sera le temps des indiscrétions de campagne, des tractations, et parfois même des rebondissements.

 
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