Les rencontres littéraires méditerranéennes vivent leur 11e édition à Ajaccio. Cette année, elles réunissent treize auteurs originaires de sept pays. Thème du débat samedi 15 juin au Palais Fesch : « Y a-t-il encore une Méditerranée heureuse ? » Trois auteurs ont tenté d’y répondre.
Dans la galerie du musée Fesch d’Ajaccio, pour la 11e édition des Racines du ciel, il fallait croiser Omar, écrivain parti de Syrie au début d'une guerre infinie.
Dans les tableaux des peintres corses, il a trouvé des résonnances, une mémoire, sa définition du bonheur. « On vit souvent dans la mémoire, car on vit comme des étrangers quand on est seul ou exilé. Ajaccio m’apporte beaucoup d’images de la mémoire. Ca suffit pour être heureux », sourit Omar Youssef Souleima.
Des écrivains venus de sept pays de la Méditerranée sont rassemblés dans la cour du palais des beaux-arts. Une femme algérienne rappelle que la contestation des pouvoirs est toujours source immense de réjouissance. « Le bonheur, c’est de pouvoir exprimer ce que l’on ressent, librement, et que ce soit partagé par tous. C’est véritablement quelque chose qui nous rend heureux », estime Maaïssa Bey, écrivaine.
« Ce n’était pas parfait, mais c’était joyeux »
Le partage malgré les guerres, la montée de l’intolérance, les migrants abandonnés, la Méditerranée cache un trésor du vivre ensemble.
Robert Solé, journaliste et écrivain, l’Égyptien de France, se souvient précisément du cosmopolitisme. « Ils étaient musulmans, chrétiens, juifs, qui avaient des origines nationales différentes et qui avaient à vivre ensemble. Ce n’était pas parfait, mais c’était joyeux, harmonieux. Je garde une nostalgie de ce monde-là », témoigne-t-il.
Les rencontres littéraires des Racines du ciel instillent, depuis 11 ans, réflexion et imagination en attendant que le concept politique de Méditerranée retrouve du sens.