“On continuera d'intervenir, on va pas avoir peur” Nicolas, pompier blessé à Ajaccio

ILLSUTRATION
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Nicolas Leca, pompier blessé à l'oeil la veille de Noël lors d'une embuscade tendue dans une cité d'Ajaccio, s'est dit lundi "dégoûté" mais impatient de reprendre du service.

Par France 3 Corse avec AFP

Nicolas Leca, pompier, a été blessé à l'oeil la veille de Noël lors d'une embuscade tendue dans une cité d'Ajaccio. Ce pompier volontaire de 25 ans s'est vu prescrire 8 jours d'ITT.

Son oeil était encore gonflé lundi et il se "remet doucement". II était présent lundi avec ses collègues à la caserne principale d'Ajaccio, où Gilles Simeoni, président du conseil exécutif, Jean-Guy Talamoni, président de l'Assemblée de Corse, Laurent Marcangeli, le maire d'Ajaccio et Pierre Jean Luciani, président du conseil général sont venus rencontrer les soldats du feu et témoigner leur soutien.

Concernant l'agression de la nuit de Noël au quartier des jardins de l'empereur, Nicolas Leca indique que "c'est le première fois. Jusque là j'avais vu deux trois pierres (lancées sur des pompiers lors d'interventions), mais sans plus... Là, c'était plus que de la violence. De la haine", poursuit-il.

"On a commencé à prendre quelques pierres et ensuite, c'était le déluge. Des pierres, des barres de fer...", se remémore le pompier. La décision est alors prise de quitter les lieux.
"C'est là qu'on s'est fait bloquer", relate Nicolas Leca, qui a dû, avec une collègue, peser de toutes ses forces sur la portière pour empêcher les agresseurs d'ouvrir le véhicule.

"Ils ont essayé de casser les vitres avec des battes de base-ball et des clubs de golf", finissant par briser un carreau, dont un éclat a blessé le pompier, relate-t-il. La vitre brisée de l'imposant camion rouge, capable d'intervenir sur des feux de forêts, a depuis été colmatée par une feuille de plastique.

"On s'est pris plusieurs insultes, "sales Corses, vous êtes pas chez vous, ici"", relate encore Nicolas Loca, engagé par "passion de gosse" depuis ses 18 ans. Le quartier populaire où a eu lieu l'embuscade, les Jardins de l'Empereur, est "le plus tendu d'Ajaccio", selon ce pompier. Mais "on continuera d'intervenir, on va pas avoir peur. On va pas s'arrêter sur ça (et) on ne va pas laisser la population sans pompiers".

D'une manière générale, "il faut un appel au calme", pense ce soldat du feu. Les manifestations de soutien lui ont fait "chaud au coeur". Quand aux actes racistes anti-musulmans dont elles ont été émaillées, c'est selon lui "des choses incontrôlables".

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