Le procès en appel de Jean-Dominique Carboni pour assassinat a débuté hier à Bastia

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Jean-Dominique Carboni est accusé d'avoir abattu Karim Absi, en juin 2017 à Cargèse. En première instance, il avait été condamné à 18 années de réclusion criminelle, une peine assortie de 9 ans de sûreté.

Il est un peu plus de 21h30, ce soir du 7 juin 2017 à Cargèse. Karim Absi entre dans sa cuisine, et se dirige vers le frigo pour y chercher une glace, lorsqu'il est abattu d'une balle de calibre 12 dans le cœur. Le tueur se tenait à l'extérieur de l'immeuble du village dont la victime occupe un appartement du rez-de-chaussée. 

En l'absence d'éléments matériels probants, les enquêteurs se concentrent sur le possible mobile du crime, et rapidement, les soupçons se portent sur un jeune homme du village, Jean-Dominique Carboni, qui avait eu une altercation avec la victime, deux mois plus tôt. Sa cousine s'était interposée entre son compagnon et Karim Absi, et avait reçu des coups. L'accusé était allé demander des comptes à ce dernier, et aurait insulté et menacé de mort la victime. 

Pour le directeur d'enquête de la PJ, à la barre hier, le mobile est là : "Il a vengé sa cousine".

Alibis

Une piste qui est accréditée par des écoutes téléphoniques, qui révèlent des éléments troublants, ainsi que le souligne maître Emmanuel Maestrini, qui représente les parties civiles : "Il y a une écoute téléphonique où l'on constate la recherche d'un alibi, avec une conversation où Jean-Dominique Carboni demande à son ex-petite amie d'affirmer qu'ils se trouvaient ensemble au moment de l'assassinat, si un jour elle était interrogée par les policiers".   

L'avocat s'empresse également de rappeler que, "lorsque monsieur Carboni se voit présenter ces différents éléments d'enquête, on constate qu'il s'adapte, et qu'il change de version au fur et à mesure. Il va donner, de mémoire, 4 ou 5 versions durant cette garde à vue". 

De son côté, la défense va s'employer à démonter l'absence de preuves matérielles incriminant l'assuré. Pour elle l'enquête est bancale et souffre de manquements graves. Maître Yves Levano rappelle "qu'il n'y a pas d'ADN, qu'il n'y a pas d'empreintes. On ne sait pas comment le tireur est venu, on ne sait pas comment le tireur est reparti... De surcroît, on n'a pas mesuré la scène de crime correctement, de sorte que l'on ne connaît pas la taille potentielle du tireur. Monsieur Carboni est trop petit pour être le tireur". 

La déposition du meilleur ami de Jean-Dominique Carboni à l'époque des faits est très attendue. Il avait indiqué aux enquêteurs que l'accusé lui avait confié être l'auteur du tir mortel, avant de se rétracter lors de l'audience de première instance.

Elle est prévue aujourd'hui. 

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