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Porto-Vecchio : l’application du décret plage inquiète de nombreux professionnels du tourisme 

© Alex Gouty/FTVIASTELLA
© Alex Gouty/FTVIASTELLA

Cette année, les services de l'Etat appliquent avec rigueur le décret plage de 2006, qui définit les conditions d'occupation du domaine public. Dans l'extrême Sud, de nombreux paillotiers se sont vu refuser l'autorisation de placer transats et parasols sur le sable. Inquiétudes à Porto-Vecchio. 

Par France 3 Corse ViaStella

Sur une plage de Porto-Vecchio, les transats ont disparu du paysage. Les luxueuses chaises longues louées par les paillotiers ont été déménagées manu militari par les gendarmes. Une opération musclée qui signe la fin de la tolérance des services de l’État. 

Les professionnels du secteur, eux, ne cachent pas leur inquiétude. Michel Giraschi, gérant d’un établissement, a, lui aussi, été prévenu. Son autorisation n’est plus valable, il devra bientôt enlever ses 60 transats. « On ne peut pas se projeter et investir dans du matériel, et dans notre exploitation. D’autre part, il y a, dans le contexte actuel et quotidien, une pression importante, des contrôles récurrents et la suspicion ambiante qui fait qu’on s’attend à tout moment à voir débarquer des gendarmes », livre-t-il. 

Le paillotier est loin d’être un cas isolé. Sur le secteur, 110 demandes d’autorisation ont été déposées dont 43 ont fait l’objet d’un refus de la part des services de l’État. Cette rigueur est loin de faire l’unanimité. 

 
Porto-Vecchio : l’application du décret plage inquiète de nombreux professionnels du tourisme 
Intervenants - Michel Giraschi, Gérant d'une paillote à Porto-Vecchio élu Corsica Libera à l'Assemblée de Corse ; César Filippi Président du Cercle des grandes maisons corses ; Georges Mela Maire de Porto-Vecchio. Equipe - Kael Serreri ; Alex Gouty ; Anne-Laure Louche
 

« Nous allons perdre la moitié de nos clients »


Dans l’extrême sud, de nombreux commerçants apportent leur soutien aux paillotes en difficultés. « Les paillotes, pour nous, sont absolument indispensables. La moitié de nos clients exigent, quand ils réservent, qu’on leur réserve des matelas sur les plages. Si demain les paillotes n’y sont pas, nous allons perdre la moitié de nos clients », explique César Filippi, président du Cercle des grandes maisons corses.

Du côté de l’exécutif local, on prône le compromis. La loi doit pouvoir s’appliquer sans mettre en péril l’économie touristique. « Il faut savoir raison garder, observer ce qui se passe réellement sur le terrain avec l’ensemble des parties prenantes, se mettre d’accord sur ce principe d’utilisation et la mise en application et le respect des règles. Mais des règles qui sont connues de tous », indique Georges Mela, maire de Porto-Vecchio.

Sans attendre la fin de la saison, les professionnels des établissements de plage ont décidé de s’organiser en collectif. L’objectif est de fédérer les moyens pour peser dans la balance. 


 

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