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Procès Orsoni : des témoins évoquent un “contentieux” financier entre clans

La cour d'assise des Bouches-du-Rhône. / © France 3 Corse ViaStella
La cour d'assise des Bouches-du-Rhône. / © France 3 Corse ViaStella

Au procès de douze hommes, dont l'ex-dirigeant nationaliste corse Alain Orsoni, poursuivi pour menaces de mort, et son fils Guy, accusé de deux assassinats, des témoins et proches d'une victime ont évoqué, lundi, un "contentieux" financier entre clans avant les meurtres. Compte rendu.

Par France 3 Corse ViaStella avec AFP

"Quand Francis est décédé, les dividendes ont diminué, quand Paul est décédé, les dividendes ont disparu", a raconté Shalimar Castola, veuve de Thierry, assassiné en 2009, comme son père, Francis, et Paul Giaconomi, avant lui. Tous trois étaient associés dans une affaire de machine à sous au Nicaragua dont l'ex-leader nationaliste Alain Orsoni était aussi partie prenante.

Shalimar est le seul témoin à s'être déplacé à la barre de la cour d'assises des Bouches-du-Rhône.

Pour Marcel Zonza, qui se décrit comme le PDG de la société créée au Nicaragua à laquelle "Alain Orsoni n'a rien apporté", aucun associé "n'a perçu d'argent depuis le meurtre de Paul Giacomoni". Pourtant "cette affaire a dégagé beaucoup d'argent", avance-t-il lors de son témoignage en visioconférence. Marcel Zonza et Alain Orsoni qui ne se sont plus vus depuis longtemps, M. Orsoni ayant refusé la confrontation lors de l'enquête, s'accusent en direct, par écran interposé. "Alain, tu as blanchi dix millions de dollars sur des opérations de machines à sous", lance Marcel Zonza. Puis il parle de "trafic de cocaïne... tu sais très bien", ajoute-t-il laissant la phrase en suspens, jurant pour sa part dire "rarement des mensonges".


Lettre de menace

Sa fille Maryline, ex-compagne de Paul Giacomoni avec lequel elle a eu une fille, enfonce le clou: "Il y avait un litige financier avec M. Orsoni. En 2008, ma fille ne percevait plus d'argent". L'ancien nationaliste évoque alors un problème de dettes, de machines à sous obsolètes, mais, selon Maryline, "il a refusé de me montrer les comptes et a dit qu'il ne le ferait jamais".

Elle s'en est ouverte, raconte-elle, à Thierry Castola qui se plaignait lui aussi de ne plus rien toucher. "Je sais qu'il y avait un contentieux... Orsoni nous a tout pris", dit à son tour Séréna Castola, la soeur de Thierry, la première à avoir évoqué une lettre de menace d'Alain Orsoni après que ce dernier eut lui-même été victime d'une tentative d'assassinat. "Thierry était inquiet à partir de cette lettre, il m'a dit "qui que ce soit, je sais d'où ça vient". Elle seule et sa belle soeur, Shalimar, étaient au courant de la lettre, raconte-t-elle.

Compte rendu de la cinquième journée de procès
Reportage : Marie-Françoise Stephani, Thierry Guespin et Elizabeth Gleize.


Absence d'un témoin clé


Témoin clé du procès, pour le meurtre de son frère et victime lui-même d'une tentative d'assassinat en 2009, Francis Castola, ne s'est présenté ni à la barre ni en visio-conférence. Après une longue attente, le président de la cour d'assises Patrick Vogt a finalement lu ses trois dépositions faites aux juges lors de l'enquête. S'il connaissait les activités de son frère et de son père, Francis junior se défend d'avoir touché un sou de la société.

Interrogé à propos des liens possibles entre les assassinats de son père Francis, de Paul Giacomoni, il reste évasif: "Si j'ai une idée, je ne peux pas me permettre de la dire". Des activités au Nicaragua, Thierry "ne parlait pas" à son frère. Mais ce dernier savait toutefois que "Thierry pensait se faire arnaquer parce que les dividendes baissaient". "Mon frère n'a rien à voir avec" une tentative d'assassinat d'Alain Orsoni, affirme-t-il. Quant à l'hypothèse d'une responsabilité du clan Orsoni dans la mort de son frère Thierry, il déclare : "Je ne dis pas qu'ils sont coupables, je n'en sais rien, je ne les vois plus depuis longtemps".

Depuis, Francis junior "craint pour sa vie". Partie civile dans le volet de l'enquête portant sur l'assassinat de son frère, il s'en est curieusement désisté ensuite. Il avait même demandé le désistement de Shalimar, à l'insu de cette dernière. "Dans ma famille, c'est moi qui décide", lance-t-il aux juges en guise d'explication. Le procès doit durer jusqu'au début juillet.


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