Procès Orsoni : la parole est à la défense

Le boxe des accusés aux assises des Bouches-du-Rhône. / © Christian Giugliano - France 3 Core ViaStella
Le boxe des accusés aux assises des Bouches-du-Rhône. / © Christian Giugliano - France 3 Core ViaStella

Après le réquisitoire, la parole est à la défense au procès de Guy Orsoni et de 11 autres hommes devant la Cour d'Assises des Bouches-du-Rhône. L'avocat général a requis la semaine dernière des peines allant jusqu'à 30 ans de prison pour deux assassinats et une tentative d'assassinat.

Par AM. avec AFP

Ce mardi, la défense des accusés du procès dit Orsoni débutte. La parole est, tout d'abord, à la défense des accusés contre lesquels des petites peines ont été requises la semaine dernière par l'avocat général.

Ce mardi matin, c'est Me Pedinielli qui a ouvert le bal des robes noires. Il défend Karim Zakriti, poursuivi pour avoir détruit une caméra. L'accusé nie ces faits. 

Dans l'après-midi, Me Jean-Felix Luciani, avocat d'Alain Orsoni a plaidé à son tour. Son client est poursuivi pour des menaces de morts contre la famille Castola. 

Selon l'avocat, l'ex-dirigeant nationaliste a fait office de "tête de gondole",de "produit d'appel" pour l'accusation dans le dossier qui vaut notamment à son
fils Guy d'être poursuivi pour deux assassinats. "On s'est dit qu'Alain Orsoni, c'était un bon produit d'appel, c'est le nom qui claque, on s'est dit côté accusation que la présence du père aiderait à mieux condamner le fils", a dit Jean-Félix Luciani.

"Le problème d'Alain Orsoni, c'est que, plus il est bon quand il se défend, plus on dit "oh, il est machiavélique" (...), plus il dit "je ne suis pas un parrain", plus on croit le contraire", a affirmé Me Luciani, dénonçant le "schéma préconçu" de l'accusation.

Pour celle-ci, les deux assassinats et la tentative qui valent à 12 hommes - dont un en fuite - d'être jugés depuis le 11 mai devant les assises des Bouches-du-Rhône s'inscrivent dans l'opposition entre les clans Orsoni et des membres de la famille Castola proches de la bande du Petit Bar, à laquelle se serait ajouté un différend financier.

"Auteur moral"


"Le dossier s'est construit sur l'idée qu'Alain Orsoni était le commanditaire et l'auteur moral" de ces faits, a dit Me Luciani. Il a souligné que l'avocat général Pierre Cortès, dans son réquisitoire, avait finalement soutenu que Guy Orsoni avait agi à l'insu de son père.

Un temps mis en examen pour association de malfaiteurs et complicité d'assassinat, l'ancien dirigeant nationaliste avait obtenu un non-lieu. "Quand vous voyez comment les certitudes ont évolué par rapport à Alain Orsoni, on peut espérer qu'elles bougent aussi pour ceux qui sont dans le box", a ajouté
Me Luciani.

Il a réclamé l'acquittement de son client, arguant du fait que l'intentionnalité des menaces n'était pas avérée. Un an de prison - peine couverte par sa détention provisoire - a été requis contre Alain Orsoni pour une lettre de menaces, qu'il reconnaît avoir écrite sous le coup de la colère, visant Thierry Castola, assassiné en janvier 2009 près d'Ajaccio.

Trente ans de réclusion criminelle assortis d'une peine de sûreté des deux tiers ont été requis contre Guy Orsoni.

Depuis le début du procès, les accusés contestent leur implication dans ces crimes.

La parole à la défense
Reportage : Dominique Moret et Christian Giugliano.


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