« Corsica 1919 Un antru chemin des dames » : l’absurdité de la Grande guerre en bulles

Le regard d'un auteur de bande dessinée sur la Première Guerre mondiale. Philippe Antonetti prépare la suite de « Corsica 1919, Un antru chemin des dames ». Le premier tome publié en novembre nous raconte l'absurdité du conflit à travers le parcours de deux jeunes hommes au lendemain de ce conflit.

Par France 3 Corse ViaStella

Le cheval est sans doute ce qui définit le mieux Philippe Antonetti pour évoquer son rapport au monde. Cette relation amène tout naturellement au premier volet de son story-board : « Corsica 1919 Un antru chemin des dames ».

Ce western démarre au lendemain de la Première Guerre mondiale et qu’il faut lire au troisième degré. « Au lendemain de la guerre, il y a un jeune qui veut rentrer chez lui, qui a échappé à tout ça. Et il tombe nez à nez avec quelqu’un qu’il doit absolument fuir. Le point de départ de la réflexion c’est 14-18.

C’est-à-dire des gens qui mettent la raison en avant au détriment de tout ce qui peut faire, tous les besoins d’une société humaine, et c’est une raison totalement dévoyée. Ils sont partis de la raison de Voltaire, Diderot et du siècle des Lumières, donc complètement dévoyé à leur profit, au profit du pouvoir »,
indique Philippe Antonetti, illustrateur et auteur « Corsica 1919 Un antru chemin des Dames ».


« Corsica 1919 Un antru chemin des dames » : l’absurdité de la Grande guerre en bulles

Économie de moyens


Dans cette bande dessinée, il y a Philippe, l’ami des chevaux, et Anghjulinu, un petit ange qui tue sans problème. Peu de mots, mais des dessins précis, justes, pétris d’humanité qui disent tout autant du monde d’hier que de celui d’aujourd’hui. « On est très, très loin de toute l’imagerie que l’on a sur la guerre de 14. Il n’y a pas de héros, il y a une absurdité totale. Ce sont des gens qui sont confrontés à une absurdité totale et qui essaient de s’en sortir », continue l’illustrateur. 

Philippe Antonetti est un professionnel du dessin. Il est obsédé par la simplicité, l’économie de moyens. Son objectif : dire beaucoup de la manière la plus épurée possible. « À mon avis, un bon récit c’est ça. C’est-à-dire une trame narrative simple à suivre, fluide, et ensuite tous les éléments qui nourrissent ça. Il faut quand même qu’ils aient du poids », souligne le dessinateur.

En attendant la transposition au cinéma, les trois autres volets de « Corsica 1919 » seront publiés dans le courant de l’année 2018.


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