Covid-19 : face à la troisième vague, l'Italie se reconfine, la Sardaigne épargnée

Plus d'un après le début de la pandémie du Covid-19, l'Italie fait face à une troisième vague de contaminations et va reconfiner une grande partie de son territoire à partir du lundi 15 mars.

La Lombardie, comme beaucoup d'autres régions, passe en "zone rouge" dès ce lundi 15 mars et sera reconfinée.
La Lombardie, comme beaucoup d'autres régions, passe en "zone rouge" dès ce lundi 15 mars et sera reconfinée. © Miguel Medina/AFP

"Plus d'un an après le début de la crise sanitaire, nous nous retrouvons malheureusement face à une nouvelle vague de contagions", a déploré le président du Conseil, Mario Draghi lors d'une visite, ce vendredi 12 mars, au centre de vaccination mis en place à l'aéroport romain de Fiumicino. Quelques heures plus tard, le Conseil des ministres a adopté de nouvelles mesures anti-Covid pour la période du lundi 15 mars au 6 avril.

Les régions enregistrant un nombre supérieur à 250 nouveaux cas par semaine passeront automatiquement en zone rouge (niveau le plus élevé de risque correspondant aux restrictions les plus drastiques).

Le classement en zone rouge, selon le code de couleurs en vigueur depuis plusieurs mois, entraîne la fermeture des écoles, collèges, lycées et universités, ainsi que des bars et des restaurants sauf pour la vente à emporter. Les déplacements sont limités aux impératifs de travail, à l'achat de produits de première nécessité et aux urgences de santé.

Le couperet est tombé à l'issue du Conseil des ministres : l'exécutif a annoncé le reconfinement de la majeure partie des régions du pays. Passeront ainsi en zone rouge les grandes régions du nord - Lombardie (région de Milan), Piémont (Turin), Vénétie (Venise), Emilie-Romagne (Bologne) -, ainsi que le Latium (la région de Rome) et les Pouilles (le talon de la Botte au sud), rejoignant ainsi les régions méridionales de la Campanie (Naples), la Basilicate et le Molise.

En outre, pour le week-end de Pâques (les 3, 4 et 5 avril), toute la péninsule sera d'office classée en "rouge". La Sicile, elle, ne devrait pas passer au rouge et ainsi éviter les restrictions les plus sévères. La Sardaigne, elle, devrait rester en zone blanche.

Plus de 100.000 décès

"Au cours de la dernière semaine, 150.175 nouvelles contagions ont été enregistrées contre 130.816 la semaine précédente, soit une augmentation de presque 15 %", a souligné Mario Draghi alors que l'Italie a passé lundi la barre des 100.000 morts.

"Ces données nous contraignent à la plus grande prudence pour limiter le nombre de morts et empêcher la saturation des établissements de santé", a-t-il mis en garde.

Le souvenir de ce qui s'est passé au printemps dernier est encore présent et nous ferons tout pour empêcher que cela se répète.

Mario Draghi, président du Conseil des ministres.

Nino Cartabellotta, président du cabinet de recherche sur la santé GIMBE, avait déjà averti jeudi 11 mars que dans plus de la moitié des 20 régions italiennes, "les hôpitaux et surtout les unités de soins intensifs sont déjà saturés" et les hospitalisations ou interventions non-Covid déprogrammées.

Les livraisons de vaccins au ralenti

"J'ai conscience que ces mesures auront des conséquences sur l'éducation des enfants, sur l'économie et notre état psychologique à tous", a reconnu M. Draghi, même si selon un sondage publié le week-end dernier par le quotidien Il Corriere della Sera, 44 % des Italiens y sont favorables, contre 30 % seulement deux semaines plus tôt.

L'Italie a lancé son plan de vaccination sur les chapeaux de roue fin décembre, mais les livraisons se sont depuis considérablement ralenties et 1,8 million de personnes seulement - sur une population de 60 millions - ont reçu jusqu'ici les deux doses de vaccin.

"Les nouveaux pauvres"

Mario Draghi a également annoncé vendredi qu'il prendrait dès la semaine prochaine de nouvelles "mesures de soutien à l'économie" et un "financement plus important des instruments de lutte contre la pauvreté afin de soutenir les 'nouveaux pauvres'".

La pandémie a fait basculer un million de personnes supplémentaires en dessous du seuil de pauvreté en 2020, selon une enquête de l'Institut national des statistiques. Le nombre de pauvres est passé à 5,6 millions, soit 9,4 % de la population contre 7,7 % en 2019, atteignant un triste record depuis 15 ans.

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