Élections territoriales : faut-il réviser le Padduc ?

Le Padduc divise les candidats. La droite conteste la philosophie même du plan d'aménagement et de développement durable de la Corse. La gauche, la République en marche et les nationalistes sont favorables au document. Emmanuel Macron a apporté, jeudi 23 novembre, sa contribution au débat.

ILLUSTRATION - L'Assemblée de Corse.
ILLUSTRATION - L'Assemblée de Corse. © PASCAL POCHARD CASABIANCA / AFP
Réformer le code de l’urbanisme et la loi Alur et faciliter les initiatives locales. Le calendrier n’est pas établi mais le président de la République a ouvert des pistes, jeudi 23 novembre, au congrès des maires qui se tenait à Paris.

Une commune insulaire y est citée en exemple. « La maire de Piana me dit : ‘Moi je suis toute entière dans la loi littoral. Comme j’ai des calanques, je suis pour partie dans la loi montagne. Et j’ai la moitié de la commune qui n’est concernée, au fond, ni par l’un, ni par l’autre.’ Ce sont des contraintes partout. Cela coûte cher, cela empêche des projets de développement », a déclaré Emmanuel Macron.

Ce n’est pas la première fois que les représentants du conseil municipal de Piana plaident pour un assouplissement des règles d’urbanisme. Hasard du calendrier, vendredi 24 novembre, les candidats d’ « Un paese da fà » sont en tournée électorale à Piana.

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Élections territoriales : faut-il réviser le Padduc ?

Un bon signal 

Les divergences entre les nationalistes et le maire de la commune sur la question du Padduc ne sont pas nouvelles. « Il faut savoir qu’il y a l’agence de l’urbanisme qui a, c’est son rôle, le devoir d’harmoniser, sur le terrain, le Padduc et puis la volonté des communes. Et nous, nous allons à  la fois respecter l’esprit du Padduc et la volonté des communes de se développer », indique Jean Biancucci, colistier « Un paese da fà ». 

Jean-Charles Orsucci, soutien d’Emmanuel Macron, ne voit pas de changement radical dans le discours présidentiel. « Nous devons répondre de façon pragmatique aux maires qui souhaitent assurer le développement de leur commune, c’est l’ADN de notre mouvement.

Mais aujourd’hui, il ne faut pas désanctuariser la Corse comme certains l’ont préconisé par le passé, et nous nous inscrivons totalement en faux par rapport à ça. Le Padduc, qui est un bon document, doit être évidemment toiletté, doit continuer à préciser les lois Grenelle et les lois Alur pour permettre de répondre aux attentes des maires
», estime-t-il.

Pour Jean-Martin Mondoloni, le chef de l’État envoie un bon signal qu’il faudra confirmer dans les faits. Ce qui vaut  pour Piana peut valoir ailleurs en Corse. « Il aurait pu étendre sa réflexion, sa remarque, à la centaine de communes corses qui sont à la fois touchées par les contraintes de la loi littoral et par les contraintes de la loi montagne dont il faut rappeler qu’elles ont été aggravées par le vote d’un Padduc qui est devenu, à terme, un document confiscatoire. C’est la raison pour laquelle, si nous sommes élus, pour notre part, nous entamerons une révision du Padduc comme  priorité », note-t-il.

La portée politique du propos d’Emmanuel Macron demeure floue. Dans l’île, les choix du président de la République pourraient être influencés par l’issue des élections territoriales.


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