Emmanuel Macron annonce la dissolution de l'Assemblée nationale

Une heure environ après l'annonce des résultats des élections européennes, le président de la République, dont le camp ressort affaibli du scrutin, a annoncé la tenue prochaine de nouvelles élections législatives.

Un coup de théâtre. Dans une allocution télévisée tenue ce dimanche soir, le président de la République, Emmanuel Macron, a annoncé sa volonté d'organiser de nouvelles élections législatives, en réponse aux résultats des élections européennes.

Un scrutin dans lequel le camp présidentiel, dont la liste était conduite par Valérie Hayer, a subi, selon les premières estimations de résultats, un désaveu cinglant, remportant moins de moitié moins de suffrages exprimés que la liste du Rassemblement national, menée par Jordan Bardella (autour de 32 %).

Avec la dissolution de l'Assemblée nationale, ce sont donc de nouvelles élections qui devront prendre place pour élire de nouveaux députés. Un vote en deux tours qui devrait se tenir le 30 juin et 7 juillet prochains.

"Cette décision est grave. Lourde. Mais c'est avant tout un acte de confiance, a indiqué le président de la République. Confiance en vous, mes chers compatriotes, en la capacité du peuple français à faire le choix le plus juste pour lui-même, et pour les générations futures."

Un "calcul hasardeux"

Pour Jean-Félix Acquaviva, député de la seconde circonscription de Haute-Corse, cette décision du président est un "coup de poker pour créer une réaction dans les urnes". "Selon moi, il s'agit d'un calcul hasardeux, soit pour assumer une cohabitation à venir, soit pour essayer d'user le Rassemblement national au pouvoir", analyse-t-il.

Le député se dit "prêt à aller au combat, car beaucoup de choses sont en jeu, dont l'autonomie. On doit œuvrer au rassemblement le plus large."

Michel Castellani se dit de son côté "confiant" quant aux prochaines élections législatives, au cours desquelles son mandat sera ainsi remis en jeu. "C'est avant tout la décision d'un parti, prévient-il, mais je me présenterai éventuellement dans cette élection sans prétention particulière, mais sans honte non plus. J'ai conscience, dans ces deux années de travail continu, d'avoir défendu les intérêts de la démocratie, toujours, les intérêts fondamentaux de la Corse aussi, et les intérêts, encore plus, de notre circonscription. Mais ce sont les électeurs qui choisiront.

"Je leur fais confiance et je leur dis de réfléchir : est-ce que vous avez eu un député qui vous a représenté de façon digne ?, continue le député de la première circonscription de Haute-Corse. Si vous estimez que oui, votez pour lui, sinon tirez-en la leçon. Moi, j'ai la conscience tranquille, et c'est le principal."

Contactés, les députés de la première et seconde circonscriptions de Corse-du-Sud n'ont à cette heure pas répondu à nos demandes.

Quelles répercussions pour le processus d'autonomie de la Corse ?

Cette annonce de dissolution tombe aussi au plus mauvais moment pour le projet d’autonomie de la Corse, qui devait entrer dans la phase parlementaire pour être examiné à l’Assemblée nationale et au Sénat. Cette nouvelle donne ralentira et compliquera à coup sûr l’avancée de ce processus politique.

Contacté, le président du conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni, n'a, à ce stade, pas souhaité réagir.

Pour le député de la première circonscription de Haute-Corse, Michel Castellani, cette annonce pose la question de la position que le futur gouvernement - considérant que celui en place, avec ces nouvelles élections législatives, devrait être appelé à évoluer - adoptera quant au processus d'autonomie et aux travaux menés depuis maintenant deux années.

"Il faudra voir qui prendra en charge la question corse, ce que va devenir le ministre de l'Intérieur... Toute une série de questions auxquelles on ne peut pas répondre pour le moment", indique le député.

"De facto, il y a vacance du pouvoir, poursuit Jean-Félix Acquaviva, député de la seconde circonscription de Haute-Corse. Il est, à ce stade, entre parenthèses. Tout dépendra [pour la suite du processus] de ce qui se passera le 7 juillet au soir. Soit il y a une majorité plurielle qui assume la suite du processus, soit c'est le RN, qui a déjà fait valoir qu'il était opposé à l'autonomie."

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