Agression de Filippo de Carlo : le procès renvoyé au 15 novembre, le prévenu placé sous mandat de dépôt

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L'avocate de l'agresseur du leader de Forza Nova a demandé et obtenu plus de temps pour préparer sa défense. mais l'agresseur, âgé d'une vingtaine d'années, a été placé sous mandat de dépôt pour "calmer un tout petit peu la situation", selon la présidente du tribunal.

"Je compte sur vous pour rester calmes quand monsieur Mattei va se présenter à la barre". Le préambule de la présidente du tribunal semble opportun, alors que la salle d'audience affiche complet. Dans l'assistance, proches et soutiens du prévenu, Nicolas Mattei, et de la victime, Filippo de Carlo. La tension est encore palpable, alors que les faits remontent à quelques jours à peine. Mais la présence imposante des forces de l'ordre a déjà de quoi décourager tout débordement... 

Passage à tabac

C'est le week-end dernier, dans la nuit du 22 au 23 octobre, que le leader de Forza Nova a été violemment agressé dans la rue, à Corte, alors qu'il quittait un établissement de nuit. Un passage à tabac qui a causé une ITT de 45 jours. Le visage de Filippo de Carlo, assis au premier rang, entouré de ses proches, porte encore les stigmates de l'agression, que le masque anti-covid et les lunettes de soleil peinent à dissimuler.

Myriam Carta, l'avocate de Nicolas Mattei, a sollicité un renvoi pour préparer sa défense. Un renvoi de droit, qui a été accordé. Mais le tribunal doit désormais statuer sur les mesures de sûreté. Et décider si le prévenu, âgé de 20 ans, et poursuivi pour "violence en réunion ayant entraîné une interruption temporaire de travail supérieure à huit jours", doit être placé sous mandat de dépôt. 

Nicolas Mattei s'approche de la barre, tatouage dans le cou, sweat gris à capuche et pantalon noir. Le prévenu a les traits juvéniles, et l'air un peu perdu, comme assommé par la tournure des événements. Succinctement, la présidente dresse un portrait presque banal, celui d'un gamin comme tant d'autres, lycéen moyen, qui a décroché un bac ST et travaille désormais dans une brasserie de Barchetta, en CDI. Seule anicroche dans un parcours sans histoires, une ligne dans son casier judiciaire. Une condamnation à 600 euros d'amende, en 2020, pour dégradations légères d'un bien. "Des tags, précise la présidente, qui sont à la base du contentieux qui nous occupe aujourd'hui"

Des tags à l'origine de l'altercation

Cette condamnation pour les tags serait en effet la conséquence d'une dénonciation supposée de Filippo de Carlo, qui aurait donné le nom de Nicolas Mattei aux enquêteurs. C'est du moins ce que l'on croit comprendre au fil des interventions, au cours d'une audience qui n'est pas censée se pencher sur le fond de l'affaire, mais ne peut faire l'économie de l'aborder par la bande. Pour en savoir plus sur les raisons de l'altercation, et sur les relations qu'entretenaient les deux hommes avant la nuit du 22 octobre, il faudra attendre le procès.

Il y a un risque évident de pression sur la victime.

Ministère public

Pour l'heure, le ministère public demande le placement sous mandat de dépôt. "Il y a un risque évident de pression sur la victime, mais également un risque de renouvellement des faits. Au vu du contentieux intense entre le prévenu et la victime, ce n'est pas exclu. Si la raison de l'altercation, c'est la condamnation pour dégradation, et l'amende de 6 mois, que pourrait-il faire pour cette plainte-ci ? Alors que, je le rappelle, pour les faits qui lui sont reprochés aujourd'hui, il encourt cinq ans d'emprisonnement..." 

Et le Parquet de conclure : "pour stopper l'escalade de violence, le mandat de dépôt est absolument nécessaire". 

Renvoi au 15 novembre

Le tribunal en était-il convaincu ? Toujours est-il qu'il se retire pour délibérer, sans prendre le temps d'entendre maître Myriam Carta. L'avocate de Nicolas Mattei ne se gène pas pour le lui faire remarquer, et l'audience, après ce cafouillage, reprend. Maître Carta, sans surprise, "ne partage pas la vision du ministère public". 

On ne peut pas faire de mon client le bouc-émissaire de ce qui s'est passé ce soir-là.

Maître Myriam Carta

"On semble avoir oublié la présomption d'innocence. Je m'étonne d'ailleurs, à ce titre, que mon client soit présenté aujourd'hui pour des violences en réunion, mais seul", souligne l'avocate, faisant référence au témoignage de Filippo de Carlo, qui a mentionné plusieurs agresseurs. "Monsieur Mattei nous dit qu'il est responsable de l'altercation, mais il n'est responsable que de ce qu'il a commis, lui. Son implication semble limitée et partielle dans ce dossier, alors concernant le risque de pression, je pense qu'un contrôle judiciaire serait amplement suffisant. La présomption d'innocence doit s'appliquer. On ne peut pas faire de mon client le bouc-émissaire de ce qui s'est passé ce soir-là". 

Après une délibération d'une dizaine de minutes, le tribunal décerne néanmoins le mandat de dépôt au prévenu, "dans le but d'éviter tout renouvellement et de calmer un petit peu la situation". La présidente prend soin de préciser que la date du procès a été fixée au 15 novembre, pour que cette incarcération ne soit pas trop longue.