Bastia : le programme des rencontres littéraires Libri Mondi

Les rencontres littéraires Libri Mondi se tiennent à Bastia jusqu'au 26 septembre. L'occasion de découvrir ou de redécouvrir sept auteurs, pour certains connus à l'international.

Au fil des ans, les rencontres littéraires Libri Mondi de Bastia sont devenues un événement incontournable.

Cette année, sept auteurs sont invités à échanger autour de leurs ouvrages jusqu'au 26 septembre au musée de Bastia.

Le programme :

- 16h : Kapka Kassabova, prix Nicolas Bouvier

Autrice de recueils de poèmes, de romans et de récits, Kapka Kassabova a suscité un enthousiasme unanime lors de la publication par les éditions Marchialy de Lisière, son premier livre traduit en français.

Dans la grande tradition du reportage journalistique, Lisière est une immersion passionnante au cœur des géographies du territoire et de l’intime, de la mémoire et de l’instant présent. Son nouveau livre, L’écho du lac, publié en septembre, est un retour aux sources de son histoire maternelle dans les Balkans, sur les rives des Lacs D’Ohrid et Prespa.

Afin d’y briser cette spirale de l’exil qui emporte les femmes de sa famille depuis quatre générations. Kapka Kassabova jongle avec les registres et mêle habilement récits familiaux, légendes locales et faits historiques, pour mener une réflexion à la fois intime et universelle sur l’identité. Celle dont nous héritons et celle que nous façonnons.

Portée par une narration virtuose et poétique, Kapka Kassabova restitue dans chacune des pages de ce voyage intérieur la puissance de ces régions où le présent n’est que l’écho intense d’un passé tourmenté. À travers toute une galerie de portraits, elle interroge la mémoire des mondes à la lisière du monde

- 17h30 : Jérôme Garcin, Prix Médicis essai

Depuis plus de trente ans, Jérôme Garcin est le grand ordonnateur du Masque et la Plume sur France Inter. Véritable institution, l’émission est la grand-messe culturelle du dimanche soir pour plus d’un million d’auditeurs. Passé par Les nouvelles littéraires, l’Evénement du Jeudi et l’Express, le journaliste dirige également les pages culture de l’Obs.

Ce statut de saint patron de la critique littéraire, cinématographique et théâtrale fait parfois oublier que Jérôme Garcin est également un écrivain. Un écrivain qui a signé une vingtaine d’ouvrages et dont l’oeuvre est hantée par l’absence. L’absence des siens, partis trop tôt, (La chute de cheval, en 1998, Olivier, en 2011), l’absence aussi de ceux qu’il n’a pu aimer et admirer que de loin, tels Jean Prévost, Jacques Lusseyran, ou Gérard Philipe, auquel il a consacré son dernier ouvrage, Le dernier hiver du Cid, en 2019.

Les vies brisées, et plus largement les destins singuliers, sont d’une certaine manière le fil rouge de l’œuvre littéraire de Jérôme Garcin. Par sa plume, le temps d’un livre, l’écrivain semble vouloir leur rendre un peu de la vie, et de la reconnaissance, dont ils ont été privés trop tôt.

- 14h30 : Yan Lespoux

Universitaire spécialisé dans les études occitanes, Yan Lespoux est également responsable du blog «Encore du Noir», devenu au fil des ans une véritable référence pour les amateurs de polar. En 2021, il passe de l’autre côté du miroir avec Presqu’îles dans lequel il s’essaye à l’exercice difficile de la nouvelle.

Les trente-trois nouvelles qui composent le recueil se déroulent au sein du Médoc natal de l’auteur. Un Médoc loin de son image mondialisée, véhiculée par ses grands domaines viticoles. Plutôt qu’aux grands crus, Yan Lespoux s’intéresse davantage aux gens du cru, tragiques et cocasses, ainsi qu’à leur rapport souvent écorché au territoire. L’auteur y dessine une sorte de marge insulaire, entre-deux où règnent la chasse, l’alcool et la violence. Un espace dans lequel ceux qui ne le traversent pas finissent fatalement par s’enliser.

Ce premier essai inaugure la prometteuse collection « Agullo Court ». Dans sa préface, l’écrivain bordelais phare Hervé Le Corre n’hésite pas à convoquer Daniel Woodrell, Chris Offutt ou Larry Brown comme influences majeures.

- 16h : Judith Perrignon

Journaliste et romancière, Judith Perrignon fait de l’Histoire et du réel la matière de ses livres. Quand en 2021, elle publie chez Rivages Là où nous dansions, elle signe un roman qui dit avec passion le quotidien et l’amour pour leur ville de femmes et d’hommes pris dans l’effondrement de Détroit, berceau de l’industrie automobile tout autant que de l’exploitation de la classe ouvrière.

De même, avec Les faibles et les forts, partant d’un fait divers, elle confronte le lecteur aux peurs et au chagrin de toute une communauté, et propose un grand roman sur la discrimination raciale. Avec Victor Hugo vient de mourir elle s’attache aux pas des proches et amis du poète mais aussi à ceux du peuple de Paris. Elle va trouver des accents quasi hugoliens pour évoquer les espoirs déçus de la Commune, les débuts du mouvement ouvrier, la détermination de Louise Michel…

Qu’elle produise les reportages Grande traversée pour France Culture ou qu’elle prête sa plume à Marcelline Loridan-Ivens, Judith Perrignon livre de poignants témoignages aussi intimes que politiques. Enfin, si elle a commencé sa carrière comme journaliste politique à Libération on retrouve aujourd’hui sa signature dans les pages de M, le magazine du Monde, Marianne ou XXI.

- 17h30 : Lance Weller

Ses deux premiers romans faisaient le récit violent de la naissance de l’Amérique moderne, de la Guerre de Sécession dans Wilderness, à la sanglante conquête de l’Ouest avec le sublime Les Marches de L’Amérique. Et c’est peu de dire qu’ils avaient fait forte impression.

Avec Le Cercueil de Job, Weller nous replonge à l’acmé d’une Guerre de Sécession qui ne semble pas avoir de fin, au côté de Belle Hood et Jeremiah Hoke, La première est une esclave en fuite, tentant de rejoindre les États du Nord, et gagner sa liberté. Le second est un soldat perdu qui porte en lui une culpabilité brulante. Deux personnages que tout oppose a priori, et dont l’Histoire va mêler les destins.

Le récit, épique, plonge dans les ténèbres des hommes pour mieux en révéler leur lumière, dans une société en proie à des antagonismes si puissants que l’on en perçoit encore les conséquences de nos jours. Tout, ici, est affaire de contrastes : violence et poésie, cosmos et infini, champs de batailles fumants et aubes irréelles au fin fond des forêts de Virginie. Une nouvelle fois, avec ce Cercueil de Job, Lance Weller prouve qu’il est l’une des grandes voix de la littérature américaine.

 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
festival événements sorties et loisirs littérature culture livres