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La fin du pari Simeoni à Bastia ?

30/03/14 - Gilles Simeoni (au centre) entouré de François Tatti (G), Jean-Louis Milani (D) et Emmanuelle de Gentili / © PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP
30/03/14 - Gilles Simeoni (au centre) entouré de François Tatti (G), Jean-Louis Milani (D) et Emmanuelle de Gentili / © PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP

La rupture semble désormais inévitable au sein de la majorité municipale de Bastia. François Tatti paie notamment son rapprochement affiché avec Paul Giacobbi qui n’est pas du tout du goût des autres composantes de l’alliance. Une réunion de crise a eu lieu ce matin en mairie.

Par Sebastien Tieri

Ce mardi matin une réunion de crise s'est tenue à la mairie pour "tirer toutes les conséquences de cette situation". Gilles Simeoni, Jean-Louis Milani, Emmanuelle de Gentili et François Tatti sont là.... L'échange ne durera que quelques minutes. François Tatti en ressort sans faire de commentaires, il fera un point presse dans l'après-midi. 

Les images diffusées par France 3 Corse hier où François Tatti est aux côtés des élus giacobbistes qui fêtent leur victoire au Conseil Départemental ont sans doute précipité la rupture pressentie depuis plusieurs mois.

Le président de Communauté d'Agglomération de Bastia (CAB) affirme être seulement « venu saluer les gagnants comme on le fait même avec des adversaires ».
Mais plus que des adversaires François Tatti y rencontrera des amis, des membres de son parti le MCD.
C’est le cas de Sylvie Retali, binome du président sortant du Conseil Départemental, François Orlandi, élue dans le Cap. Même si elle n’était pas officiellement investie par le parti la coïncidence est troublante...

Au côté de François Tatti dans les couloirs du Conseil, il y avait Marie-Claire Poggi, nouvellement élue avec un binome d’Inseme per Bastia dans le canton de Bastia 3.

Cette dernière n’a pas signé de contrat de mandature réclamé par les autres membres de la municipalité.  Cet accord annoncé par Gilles Simeoni mais qui n’a jamais vu le jour avait pour ambition de convenir d’une ligne de conduite commune en vue notamment de l’élection du président du Conseil Départemental.  

Le faux pas de trop de François Tatti

Gilles Simeoni apparaît de plus en plus, à 9 mois des territoriales, comme le principal opposant à Paul Giacobbi et ne peut tolérer dans son équipe l'un de ses soutiens potentiels. 

Dans un communiqué le maire de Bastia, son premier adjoint socialiste Emmanuelle de Gentili et son 2e adjoint de droite Jean-Louis Milani réagissent fermement à l’attitude de François Tatti et à sa proximité affichée avec le président de l’exécutif Paul Giacobbi.

« La majorité municipale bastiaise s’est construite sur un projet (…) une exigence qui implique de dénoncer clairement les pratiques et dérives qui caractérisent le fonctionnement du Conseil Général de Haute-Corse depuis de trop nombreuses années.

Le choix de François Tatti de se rendre unilatéralement au Conseil général de Haute-Corse, le soir même des élections, pour fêter la victoire de l’ancienne majorité départementale, sans avertir ni même consulter ses partenaires de la majorité municipale, ajouté à d’autres initiatives visant à nous placer devant le fait accompli, est un manquement manifeste au contrat scellé entre nous et devant les électeurs tant en mars 2014 qu’en mars 2015.

Ces comportements répétés expriment sa volonté de s’exclure de fait de la majorité municipale, et portent également atteinte à la cohésion de la majorité communautaire ».


Le retour de l'ennemi d'hier 

La crise couvait depuis plusieurs semaines avec le débat d'orientation budgétaire de la CAB, ou au Conseil Municipal où François Tatti était monté au créneau contre la majorité notamment sur la relation financière entre CAB et mairie. 

A l'approche des territoriales son rapprochement avec Paul Giacobbi semble désormais concrétisé. Il est vrai que le président de l'exécutif aura besoin d'un appui sur Bastia où le PRG réel paraît à l'agonie et, objectivement, plus du tout sur la même longueur d'onde que lui. 

François Tatti était pourtant l'ennemi d'hier qui n'avait dû sa présence sur la listes des territoriales de 2010 qu'à Emile Zuccarelli. Celui-ci avait défendu son poulain d'alors face au veto de Paul Giacobbi avec qui les litiges étaient nombreux et anciens... 

Les conséquences politiques pourraient être majeures pour François Tatti. Emmanuelle de Gentili ayant constitué son groupe au Conseil Municipal, l'alliance gauche/droite/nationaliste n'a plus besoin de lui pour être majoritaire. 

Il en est de même à la CAB où sa présidence pourrait vaciller lors du vote du budget prévu mi-avril.... Apparu comme le traître du camp Zuccarelli l'an passé, il apparaît aujourd'hui aux yeux de ses partenaires comme "déloyal". Une étiquette qui pourrait lui être très préjudiciable.  

En attendant c'est l'opposition qui boit du petit lait célébrant à sa manière l'anniversaire d'une alliance qu'elle a toujours qualifié de contre-nature (voir encadré). 



>> Divorce à la bastiaise : la VIDEO 
Mairie de Bastia
François Tatti, président de la CAB// Marie Claire Poggi et José Gandolfi élus de Bastia 3/ Gilles Simeoni Maire de Bastia

 

Réaction du Groupe communiste du conseil municipal de Bastia

IL FAUT REVENIR DEVANT LE PEUPLE ! 
L'union de la honte n'aura pas tenu plus d'un an. Présentée comme une "nouvelle façon de faire de la politique", l'alliance contre nature entre Gilles Simeoni, François Tatti, Emmanuelle de Gentili et Jean-Louis Milani vient de se fracasser sur les ambitions personnelles qui l’avaient fondée. Obtenue par le mensonge, sans projet pour Bastia, la victoire des conjurés de mars 2014 tourne à la faillite.
La fameuse majorité "progressiste" des nationalistes, de la droite et de la pseudo gauche battait de l’aile depuis plusieurs mois, mais ils ont poussé la tromperie jusqu'à jouer la comédie de l'union aux élections départementales. Ce dernier pacte électoraliste conclu sur un nouveau mensonge démontre, une fois de plus, une fois de trop, le mépris dans lequel ces alliés de circonstances tiennent le peuple.
Cette majorité n'existe plus et Gilles Simeoni, par respect du peuple précisément, doit remettre son mandat entre les mains des Bastiais. Le retour aux urnes, c'est la seule façon digne et transparente de désigner une majorité cohérente et solide. La démocratie et la morale politique l'imposent! L'avenir de Bastia l'exige!

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