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L’affectation des profs bilingues sur le continent: une incohérence

© France 3 Corse ViaStella
© France 3 Corse ViaStella

Sur les cinquante nouveaux capésiens certifiés vivant en Corse, seule une dizaine a obtenu un poste dans l’île. Un constat amer, surtout pour les jeunes enseignants bilingues.

Par A.P.

Pauline Paldacci  et Aude Bataillard ont passé une bonne partie de leurs études à l’université de Corte. L'une vient de décrocher son Capes de SVT, l'autre, son Capes d'anglais. Elles ont appris il y a quelques jours le lieu de leur titularisation.

Et la déception est amère : la première est envoyée à Créteil, l’autre à Nice. Pour Aude Bataillard c’est l’incompréhension:

J’étais surprise parce que je sais qu’il y a de réels besoins. J’ai fait tout mon cursus universitaire ici donc je ne comprends pas pourquoi on m’envoie à Nice plutôt que de me garder ici.

D’autant plus que les deux jeunes filles sont bilingues et peuvent enseigner leur matière en langue corse. Pour Dominique Verdoni, la directrice de l'Ecole supérieure du professorat de Corte, les muter sur le continent est illogique:

On investit beaucoup dans la formation pour répondre à l’employeur qui veut augmenter le nombre de bilingues. […] Mais si on investit dans le bilinguisme et qu’à la sortie les professeurs partent, je ne vois pas comment on pourrait former des bilingues si les enseignants ne sont pas bilingues !

L’affectation des nouveaux capésiens bilingues sur le continent : une incohérence
Intervenants: Aude bataillard, néo-certifiée / Dominique Verdoni, directrice de l'école Supérieure du Professorat et de l'Education / Philippe Lacombe, Recteur de l'académie de Corse. Reportage: Sébastien Bonifay, Stéphane Lapera.

Renflouer les grosses académies


Le problème vient des grosses académies qui manquent de professeurs telles que Créteil: à la rentrée, 1600 postes n'y seront pas pourvus.

Mais pour le rectorat, la raison principale réside dans le manque de postes en Corse, même pour les enseignants bilingues.

Nous accompagnons lorsqu’il y a des effectifs [de professeurs bilingues] suffisants pour faire des filières adéquates. Lorsqu’il n’y en a pas, on les affecte sans qu’il y ait des besoins d’enseignement en bilingue. Mais on part de la demande sociale.

Pauline Paldacci  et Aude Bataillard, n'ont pas renoncé à se faire entendre. Si elles n'obtiennent pas un poste en Corse, elles envisagent de former un collectif avec les autres certifiés mutés sur le continent.

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Question/Réponse : Eric Leoni, professeur à l'université de Corse

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