Corte : avec la réforme de la PACES, les étudiants en 1ère année de médecine craignent "d'être une génération sacrifiée"

Ce jeudi 28 janvier, des étudiants en première année de médecine se sont réunis devant l’Université de Corse. Ils dénoncent les conséquences de la réforme de la première année commune aux études de santé qui réduit leurs chances d’accéder à la deuxième année.

Le collectif des étudiants en première année de médecine s'est rassemblé ce jeudi 28 janvier à Corte.
Le collectif des étudiants en première année de médecine s'est rassemblé ce jeudi 28 janvier à Corte. © Paul Salort /FTV

Depuis la rentrée de septembre, la réforme de la PACES s’applique dans toutes les universités françaises. L’enjeu majeur : supprimer le numerus clausus appliqué jusqu’alors.

Le nombre d’étudiants pouvant accéder à la deuxième année est désormais fixé par les universités elles-mêmes en fonction de leur capacité d’accueil. Le procédé est modifié, mais le principe d’une sélection à l’issue de la première année reste d’actualité.

Les conséquences de la réforme de 2020

Cependant, l’année universitaire 2020/2021 est atypique puisqu’elle est celle de la bascule entre ancien et nouveau système. À Corte, les 184 nouveaux inscrits en PASS (Parcours d’accès spécifique santé) cohabitent avec les 84 redoublants de la PACES (Première année commune aux études de santé).

Et c'est justement la répartition des places en deuxième année entre ces deux entités qui pose problème. En l’état actuel des choses, huit places sont réservées pour les PASS contre quarante-trois pour les PACES.

Nous avons une chance sur vingt d’accéder en deuxième année tandis que les PACES ont une chance sur deux.

Manon Luciani, étudiante en PASS

Un collectif d'étudiants de médecine et le syndicat étudiant Ghjuventù Paolina ont tenu une conférence de presse devant l'Université de Corte pour alerter sur la situation.

Pour Manon Luciani, étudiante en PASS, il existe "un réel manque d’équité" entre primants et redoublants. "Nous avons une chance sur vingt d’accéder en deuxième année tandis que les PACES ont une chance sur deux".

Comme une cinquantaine d'autres de sa promotion, elle participait ce jeudi 28 janvier à une mobilisation sur le campus. Un mouvement qui a reçu de nombreux soutiens du monde politique, comme celui de Gilles Simeoni, le président du conseil exécutif de Corse. 

Le député nationaliste de la 2nde circonscription de Corse-du-Sud, Paul-André Colombani, s'est également positionné en faveur des revendications des étudiants. À cette occasion, il a rédigé une lettre à l'attention de la ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche, Frédérique Vidal.

Ainsi, pour le député, "un tel déséquilibre apparaît injuste et appelle un réajustement [...] afin de ne pas confronter ces étudiants à un taux de réussite exceptionnellement faible, qui plus est dans une région particulière affectée par la désertification médicale".

Soutien de l’administration

L’Institut Universitaire de Santé cortenais comprend et partage les inquiétudes des étudiants en PASS. Pour Liliane Berti, sa co-directrice, ces jeunes "ont raison de dénoncer cette situation et de réclamer des places supplémentaires".

A cela, il faut ajouter le poids des conditions d’études largement impactées par la crise sanitaire. Après quelques semaines de cours sur les bancs de la faculté, les étudiants ont dû s’adapter à l’enseignement en distanciel. Une situation "qui pose évidemment problème lorsqu’on connaît la charge de travail subie en première année de médecine" rappelle Liliane Berti.

Nous devons être entendus, sinon les étudiants auront raison de se considérer comme une génération sacrifiée.

Liliane Berti, co-directrice de l'IUS

Le sort de ces étudiants dépend des négociations actuellement en cours entre l’Université et le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche. Du côté du campus cortenais, on espère obtenir une augmentation sensible du nombre de places en deuxième année pour les PASS. "Nous devons être entendus, sinon les étudiants auront raison de se considérer comme une génération sacrifiée", résume Liliane Berti.

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