Territoriales 2021 en Corse : Fà Populu Inseme, la liste de Gilles Simeoni enfin dévoilée

Longtemps tenue secrète, et réservée au cercle proche du président de l'exécutif, la liste de Gilles Simeoni a été rendue publique à Corte. Une liste qui fait une large place aux nouveaux arrivants, au-delà du cercle nationaliste. 

Qui se rangera derrière Gilles Simeoni au deuxième tour des territoriales ?
Qui se rangera derrière Gilles Simeoni au deuxième tour des territoriales ? © Marc-Antoine Renucci

L'éclatement de l'alliance Pè a Corsica, a quelques semaines des territoriales, laissait beaucoup de questions en suspens. Comment composer une liste lorsqu'une partie des élus qui constituaient sa majorité, et une bonne moitié de son exécutif, ne fait plus partie de l'équation ? 

Gilles Simeoni l'a fait savoir à plusieurs reprises. Le rassemblement qu'il prône, au-delà de la famille nationaliste, serait plus que jamais de rigueur. Mais jusqu'où rassembler ? Et avec qui ? 

Les militants de Femu eux-mêmes étaient dans l'expectative. La liste a été jalousement tenue secrète, et seuls les proches de Gilles Simeoni en connaissaient la composition. 

Beaucoup de monde, à Corte, pour découvrir le contenu de la liste Fà Popolu inseme, tenue secrète jusqu'au bout.
Beaucoup de monde, à Corte, pour découvrir le contenu de la liste Fà Popolu inseme, tenue secrète jusqu'au bout. © Marc-Antoine Renucci

Un large spectre

A corte, ce dimanche 16 mai, elle a été rendue publique. Et les nouveaux visages ne manquent pas, parfois haut placés sur la liste.

Ainsi à la 3ème place, Alex Vinciguerra, le président de la CADEC, la caisse de développement de la Corse ; à la 6ème place, Angèle Bastiani, maire de l'Ile-Rousse ; la 5ème place est quant à elle occupée par Gilles Giovannangeli, l'ancien maire de Lecci.

Don Joseph Luccioni, étudiant, est à la 7ème place ; Dominique Livrelli, président de l'intercommunalité Celavu-Prunelli, arrive en 13ème position...

En queue de peloton, on retrouve Gilles Cioni, capitaine emblématique du Sporting Club de Bastia, qui, décidément, est à la mode pour ces territoriales...

L'intégralité de la liste Fà populu inseme
L'intégralité de la liste Fà populu inseme © Fà populu inseme

Un casting qui balaie largement le spectre politique, de la droite à la gauche. Mais sans surprise, l'ossature de la liste reste constituée par les fidèles. Nanette Maupertuis, Jean Biancucci, Hyacinthe Vanni, Jean-Félix Acquaviva, Lauda Guidicelli...

En quatrième position, on retrouve le nom de Bianca Fazi, conseillère exécutive sortante, chargée des questions sociales et de santé, un sujet majeur alors que le monde est en proie à la pandémie depuis plus d'un an. Elle n'est ni un nouveau visage ni vraiment une surprise, mais lors de la précédente élection, c'était sous l'étiquette du PNC qu'elle avait mené campagne...

Quelques absences, enfin, ont été remarquées. Celle de Jean-André Miniconi, conseiller municipal d'Ajaccio soutenu par Femu lors des dernières municipales, et celle d'Emmanuelle de Gentili. La première adjointe du maire de Bastia, Pierre Savelli, n'avait pas fait mystère de ses ambitions territoriales.

Rompre avec le carcan Pè a Corsica

A la lecture des 63 noms, dont beaucoup sont déjà élus, à la tête de grosses municipalités telles que l'Ile-Rousse (Angèle Bastiani), ou Biguglia (Jean-Charles Giabiconi), à la présidence de la CAB (Louis Pozzo di Borgo), à l'Assemblée nationale (Jean-Félix Acquaviva), la question, récurrente, du cumul des mandats se pose. 

Si Gilles Simeoni l'emporte, il devra, au moment de constituer son exécutif, composer avec cette difficulté supplémentaire.

Gilles Simeoni à la tribune
Gilles Simeoni à la tribune © Marc-Antoine Renucci FTviaStella

L'ouverture de la liste de Gilles Simeoni à d'autres sensibilités politiques est incontestable. Et donne plus de poids à la thèse, soutenue par certains - dans son camp et ceux d'en face - selon laquelle le président sortant de l'exécutif compte bien s'affranchir du carcan des partis nationalistes.

"Les corses, s'ils le souhaitent, doivent nous manifester massivement leur confiance au premier tour, pour qu'ils valident la démarche, et les principes que nous défendons : la volonté de construire un pays, la volonté d'une éthique exigente, la volonté d'un projet de société qui soit clair, mais également la rupture avec une logique de prédation, de spéculation. Ils nous donneront ainsi la légitimité de continuer le travail qui a été commencé". 

Le message est clair, il faut rassembler au maximum, et le plus tôt possible. Pour battre celui qu'il désigne contre son seul véritable adversaire, Laurent Marcangeli. En dictant ses conditions. Et ainsi affirmer sa position de leader, dans le camp nationaliste, et au-delà. 

 

 

 

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