Catastrophe de Furiani : le 5 mai est désormais sacralisé

Un combat de près de 30 ans vient de prendre fin. Ce jeudi 14 octobre, les sénateurs ont adopté la proposition de loi pour le gel des matchs de football professionnel le 5 mai. À cette date, en 1992, une tribune du Stade Armand-Cesari s'effondrait faisant 19 morts et 2.357 blessés.

Enfin. Ce jeudi 14 octobre, le Sénat a adopté la proposition de loi visant au gel des matchs de football professionnel le 5 mai.

Ainsi, plus aucune rencontre de Ligue 1, Ligue 2 et de Coupe de France ne pourra se tenir à cette date après la promulgation de la loi par le président de la République, dans les 15 prochains jours, et sa publication au Journal officiel.

Le 5 mai 1992, 19 personnes sont mortes et 2.357 autres ont été blessées dans la chute de la tribune nord du stade de Furiani, en préambule d'une demi-finale de Coupe de France, face à Marseille.

​​​​​"C'est un devoir de mémoire"

Lors des discussions, Jean-Jacques Panunzi, sénateur apparenté Les Républicains de Corse-du-Sud a déclaré : "Le drame de Furiani a touché la Corse et concerne donc la Nation entière et le monde sportif français. Il est temps d'en tenir compte collectivement dans un esprit de concorde. C'est un devoir de mémoire."

Sur les huit groupes que compte l'hémicycle de chambre haute, seul "Les Indépendants" a ouvertement indiqué qu'il voterait majoritairement contre la proposition de loi.

Un vote synonyme de victoire pour le collectif des victimes de la catastrophe de Furiani 5 mai 1992 dont une délégation a assisté au vote ce jeudi. L'organisation se bat en ce sens depuis de nombreuses années. "C'était un jour attendu, important et décisif pour le collectif. C'est l'aboutissement d'une démarche qui dure depuis des années, c'est un véritable soulagement. C'est un poids énorme qui est enlevé et le collectif pourra se recentrer sur autre chose comme de la sensibilisation aux valeurs du sport et la mise en place de nouveaux projets", s'est félicité Josepha Guidicelli, présidente du collectif. 

"Le devoir mémoriel passera avant les logiques économiques"

Pour rappel, le 13 février 2020, l'Assemblée nationale a adopté cette proposition de loi, portée par le député de la 1re circonscription de Haute-Corse, Michel Castellani, à 85 voix pour et une voix contre. Quelques minutes après le vote du Sénat, ce dernier a écrit dans un tweet : "J’ai en cet instant une pensée émue pour toutes les victimes et tous ceux qui souffrent encore. Merci à tous ceux qui ont permis d’aller au bout de cette promesse."

Le député de la 2e circonscription de Corse-du-Sud, Paul-André Colombani, estime quant à lui : "Moment d’émotion historique qui consacre enfin la demande portée par le collectif des victimes de la catastrophe de Furani. Désormais, le devoir mémoriel passera avant les logiques économiques."

Jean-Félix Acquaviva, député de la 2e circonscription de Haute-Corse, décrit une "victoire collective" et estime que "réparation est faite". 

Au lendemain du drame, le président de la République, François Mitterrand, avait promis : "On ne rejouera plus au foot un 5 mai." Près de 30 ans plus tard, et grâce au combat acharné du collectif des victimes, cette phrase a finalement trouvé écho. 

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